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Baronne Samedi

Broutilles paraissant le crésudi

Aix-en-Provence - Exposition temporaire : la collection Oscar Ghez

Publié le 28 Janvier 2026 par Baronne Samedi in Exposition temporaire, Hôtel de Caumont, Peinture, Aix-en-Provence

Visionnaire guidé par une curiosité insatiable et un goût affirmé pour l’innovation picturale, Oscar Ghez s’est intéressé à des artistes encore peu reconnus à son époque, devenus plus tard de grands noms de l’histoire de l’art moderne.

Très tôt, il a mis en lumière des femmes peintres comme Suzanne Valadon, Tamara de Lempicka ou Marie Bracquemond. Guidé par la conviction humaniste que l’art est un langage universel, il a aussi rendu hommage à de nombreux artistes juifs ayant péri durant la Shoah, en faisant don de 137 de leurs œuvres à l’Université de Haïfa en 1978.

 Aix-en-Provence - Exposition temporaire : la collection Oscar Ghez

Le parcours de l’exposition, rassemblant 60 chefs-d’œuvre issus de 38 artistes différents, offre une traversée des grands courants ayant façonné l’art moderne. École de Paris, Nabis, néo-impressionnisme ou encore cubisme : les tableaux collectionnés par Oscar Ghez illustrent l’audace picturale et la diversité qui traversèrent une époque des plus inventives.

Au fil d’expérimentations chromatiques, de portraits et de scènes de genre, les œuvres sélectionnées par Oscar Ghez dessinent différents pans de l’histoire, de la fin du Second Empire à l’entre-deux-guerres, en évoquant aussi les débuts de l’industrialisation.

Dario Treves - Portrait de M. Oscar Ghez, 1947

Dario Treves - Portrait de M. Oscar Ghez, 1947

Avec près de 630 œuvres, la collection Ghez conserve une des plus grandes collection d'œuvres du peintre et dessinateur franco-suisse Théophile-Alexandre Steinlen, surnommé "le père aux chats". 

Il n'y en a qu'une ici mais elle est spectaculaire ! Elle a été conçue pour le cabaret du Chat noir, le lieu de divertissement du Tout-Paris à la fin du 19e siècle.

Théophile-Alexandre Steinlen - L'Apothéose des chats à Montmartre, vers 1885

Théophile-Alexandre Steinlen - L'Apothéose des chats à Montmartre, vers 1885

Gustave Caillebotte est un de mes favoris et j'ai été heureuse de voir cette toile.

Il représente le Paris moderne à travers l'image du pont de l'Europe, qui relie la gare Saint-Lazare aux nouveaux quartiers dessinés par le baron Haussmann à partir du milieu du 19e siècle. 

Dans ce tableau à la structure architecturale très réfléchie : un élégant bourgeois en haut de forme marche à grand pas vers l'observateur, dépassant une jeune femme élégante. Un ouvrier semble regarder distraitement au-delà de l'imposante armature de fer et le chien se promène seul.

Le jeu de perspectives et points de vue donne une étrange sensation de tranquillité dans un contexte pourtant très urbain. 

Gustave Caillebotte - Le Pont de l'Europe, 1876

Gustave Caillebotte - Le Pont de l'Europe, 1876

Gustave Caillebotte - Le Père Magloire sur le chemin de Saint-Clair à Etretat, 1884

Gustave Caillebotte - Le Père Magloire sur le chemin de Saint-Clair à Etretat, 1884

Ne connaissant pas d'autres pointillistes que Signac et Seurat, j'ai été très intéressée par Cross. 

 

Henri-Edmond Cross  - Étude pour Excursion ou Les Excursionnistes, 1894

Henri-Edmond Cross - Étude pour Excursion ou Les Excursionnistes, 1894

 Henri-Edmond Cross - Après le bain ou Baigneur s'essuyant à Saint-Tropez, 1907-1908

Henri-Edmond Cross - Après le bain ou Baigneur s'essuyant à Saint-Tropez, 1907-1908

La végétation et la lumière méditerranéennes fascinent Henri Edmond Cross.

Le contraste de l'ombre au premier plan et de l'intense luminosité du centre de la toile détermine l'organisation chromatique du tableau.

Les touches diversifiées du pinceau confèrent un frémissement à l'ensemble de la surface peinte. Cross s'éloigne ici de la rigueur scientifique pour un art empreint de lyrisme où les arabesques des branches et les détails graphiques tels que les cornes des chèvres rythment la composition.

Henri-Edmond Cross - Chèvres ou Paysage aux chèvres, 1895

Henri-Edmond Cross - Chèvres ou Paysage aux chèvres, 1895

Henri-Edmond Cross - Nocturne ou Nocturne aux cyprès, 1896

Henri-Edmond Cross - Nocturne ou Nocturne aux cyprès, 1896

Charles Angrand est, avec Signac, un des rares amis de Seurat et l'un des seuls à avoir pu peindre à ses côtés.

De l'artiste, seuls une vingtaine de tableaux à l'huile nous sont connus, Angrand renonçant précocement à la peinture pour se consacrer au travail du dessin.

La Seine à l'aube est sans doute l'un de ses chefs d'œuvre. Adoptant un pointillé très fin, jouant sur le mélange optique des touches et usant d'une palette réduite au bleu, au jaune et au vert, le tableau est le fruit d'une longue élaboration.

À la limite de l'abstraction, il ne prend sens que par la présence de la barque qui se détache dans un halo de lumière sur la surface irisée de l'eau. La limite entre l'eau, la berge et le ciel est à peine perceptible.

Exposé à la 6e exposition des Artistes Indépendants en 1890, puis au Salon des XX à Bruxelles l'année suivante, ce tableau a appartenu ensuite à Toulouse-Lautrec

Charles Angrand - La Seine à l'aube (La Brume), 1889

Charles Angrand - La Seine à l'aube (La Brume), 1889

Maurice Denis - Les Devoirs de vacances, 1906

Maurice Denis - Les Devoirs de vacances, 1906

Maximilien Luce -  L'Homme à sa toilette, 1887

Maximilien Luce - L'Homme à sa toilette, 1887

Sensible à la grandeur de l'univers du travail, Maximilien Luce est fasciné par l'exploitation du charbon, notamment en Belgique où le paysage est façonné par l'activité des charbonnages et des aciéries. L'œuvre présentée ici appartient à une première série de tableaux consacrés aux environs de Charleroi.

S'il soutient sans relâche les revues anarchistes, auxquelles il donne des dessins engagés contre l'État bourgeois, l'artiste se montre moins militant dans ses œuvres peintes. Pas de misérabilisme ni d'héroïsme dans cette scène où les ouvriers qui contemplent le métal en fusion sont tout simplement fascinés par le spectacle qui s'offre à eux.

Maximilien Luce - L'Aciérie, 1895

Maximilien Luce - L'Aciérie, 1895

Theo Van Rysselberghe - Portrait de la violoniste Irma Sèthe, 1894

Theo Van Rysselberghe - Portrait de la violoniste Irma Sèthe, 1894

Felix Vallotton est un admirateur de Jean-Auguste-Dominique Ingres. Comme lui, il privilégie la ligne, soumet les formes à une stylisation poussée, supprime la plupart des détails tout en accentuant ceux qui lui paraissent les plus significatifs.

On trouve son hommage dans l'attitude légèrement précieuse de son modèle, ses couleurs saturées et le dessin précis des objets qui l'entourent

Félix Vallotton - La Toilette, 1911

Félix Vallotton - La Toilette, 1911

J'ai adoré la toile suivante, au point qu'en l'absence de sécurité et de la peur de finir mes jours en prison, je l'aurais bien emportée. 

Il y a tant de sensualité mutine dans le décor aussi nu que le modèle...

Félix Vallotton - Nu couché au tapis rouge, 1909

Félix Vallotton - Nu couché au tapis rouge, 1909

Louis Valtat - Les Porteuses d'eau, 1897

Louis Valtat - Les Porteuses d'eau, 1897

Louis Valtat - Portrait de femme au chapeau, 1895

Louis Valtat - Portrait de femme au chapeau, 1895

 Aix-en-Provence - Exposition temporaire : la collection Oscar Ghez

Charles Camoin compte parmi les quatre élèves de Gustave Moreau à l'Écoledes Beaux-arts de Paris qui furent les piliers de la salle VII du Salon d'automne de 1905.

A cette occasion, le critique Camille Mauclair écrivit : « Un pot de peinture vient d'être jeté à la figure du public. ». Ici, la figure humaine devient en effet prétexte à une orchestration de couleurs.

Cette Napolitaine, par sa pose frontale, suit également les conseils de Paul Cézanne, que Camoin, seul parmi les fauves, avait rencontré à Aix-en-Provence en 1901.

Charles Camoin - La Jeune Napolitaine, 1906

Charles Camoin - La Jeune Napolitaine, 1906

Alexis Mérodack-Jeaneau, figure singulière de l'avant-garde française, réalise en 1907 cette œuvre emblématique de sa quête de modernité.

La vigueur de sa composition est frappante : le corps sculptural se détache du fond abstrait, opposant sa position statique et le mouvement inhérent de la sphère. 

L'homme au regard sombre devient une métaphore de la condition de l'artiste.

Mérodack-Jeaneau privilégie de grands aplats colorés, des lignes dynamiques et une palette vive, héritée de Gauguin et du symbolisme de Moreau, mais d'où l'on perçoit également la radicalité du fauvisme et de l'expressionnisme.

Alexis Mérodack-Jeaneau - Clown à la boule bleue, 1906

Alexis Mérodack-Jeaneau - Clown à la boule bleue, 1906

Auguste Elysée Chabaud - Le Moulin Rouge, la nuit, 1907

Auguste Elysée Chabaud - Le Moulin Rouge, la nuit, 1907

Raoul Dufy  - Le Marché à Marseille, 1903

Raoul Dufy - Le Marché à Marseille, 1903

Ce nu se situe dans l'atelier du peintre. L'artiste a créé une véritable mise en scène de motifs en multipliant les tissus, tapis, couvertures et coussins afin de faire dialoguer les lignes du corps et du décor. 

Nous sommes en 1905, l'année du Salon d'automne où le fauvisme fait scandale. La même année, Manguin travaille à Saint-Tropez.

À cette époque, le Midi de la France est le berceau de la modernité en peinture et accueille de nombreux peintres venus se confronter à la puissance de la lumière et des couleurs.

Henri Manguin - Nu dans un intérieur, 1905

Henri Manguin - Nu dans un intérieur, 1905

Henri Manguin - Nu au canapé bleu, Anita Champagne, 1908

Henri Manguin - Nu au canapé bleu, Anita Champagne, 1908

Moïse Kisling - La Rousse, ou Kiki la rousse, 1929

Moïse Kisling - La Rousse, ou Kiki la rousse, 1929

Apollinaire et Picasso sont les premiers à s'installer dans le nouveau foyer artistique de Montparnasse en 1913, année où l'artiste japonais Foujita arrive à Paris. Ils seront bientôt suivis par les membres de l'« École de Paris ».

Foujita partage avec eux modèles, ateliers et vie nocturne joyeuse et liberée. Cette toile, teintée d'un érotisme cocasse, propose une composition très resserrée et une perspective ramassée qui n'est pas sans évoquer l'influence des estampes japonaises qu'il mêle à la modernité occidentale pour décrire la vie nocturne de la capitale.

Tsuguharu Foujita - Lupanar à Montparnasse, vers 1930

Tsuguharu Foujita - Lupanar à Montparnasse, vers 1930

Jeanne Hébuterne se représente de profil, le regard grave, les traits synthétisés, entourés d'un cerne sombre qui annonce les portraits de son compagnon Modigliani.

Cependant, elle privilégie la fidélité à ses propres traits et révèle son teint laiteux qui lui valut son surnom de « Noix de coco ».

Si Hébuterne arrêta de peindre à partir de 1919, elle fut également créatrice de mode. L'arrière plan décoratif évoque le kimono japonais qu'elle porte dans un second autoportrait. Les motifs contrastent avec les plages diaphanes de sa chair, comme une volonté de s'inscrire dans la modernité picturale de son temps.

Jeanne Hébuterne - Autoportrait, 1916

Jeanne Hébuterne - Autoportrait, 1916

Paul Sérusier - La Guirlande de roses, 1898

Paul Sérusier - La Guirlande de roses, 1898

Henry Van De Velde - La Faneuse, 1891

Henry Van De Velde - La Faneuse, 1891

Marie Laurencin - La Funambule, 1926

Marie Laurencin - La Funambule, 1926

Nathalie Kraemer - La Femme au tabouret (sans date)

Nathalie Kraemer - La Femme au tabouret (sans date)

Suzanne Valadon représente  les corps sans artifice ni voyeurisme, loin des conventions académiques. Elle-même modèle, Valadon connait bien le regard masculin posé sur le sujet et s'empare du nu de façon différente.

Loin de l'idéalisation du corps féminin propre à la tradition classique, l'artiste veut représenter une personnalité, une individualité, à travers l'image du corps plutôt que chercher à susciter le désir.

Suzanne Valadon - L'Avenir dévoilé ou la tireuse de cartes, 1912

Suzanne Valadon - L'Avenir dévoilé ou la tireuse de cartes, 1912

Suzanne Valadon - Nu au canapé rouge, 1920

Suzanne Valadon - Nu au canapé rouge, 1920

Marie Vorobieff, dite Marevna, réalise ici son œuvre la plus remarquable, dans laquelle elle synthétise les avant-gardes parisiennes et les bouleversements historiques de son époque. Ici, seule la figure féminine, en bas résille, porte un masque à gaz, telle une allégorie de la résilience civile dialoguant avec un soldat médaillé en uniforme bleu horizon, dont la rigidité mécanique évoque la déshumanisation des combattants. 

Elle développe un style unique, mêlant cubisme saccadé et vibration pointilliste, visible dans les facettes géométriques et les contrastes chromatiques qui structurent la composition.

Marevna - La Mort et la femme, 1917

Marevna - La Mort et la femme, 1917

C'est en août 1917 que le designer Francis Jourdain passe commande d'une décoration en trois panneaux pour un salon de thé parisien qui sera à la mode dans l'après-guerre.

Édouard Vuillard décide de réaliser une décoration en miroir, où le lieu réel se reflète dans le tableau. De fait, le peintre réalise ici son œuvre la plus ancrée dans l'époque, la plus Art déco. Mobilier, luminaires, laques incandescentes des murs, chapeaux cloche des femmes au premier plan, tout est là pour faire de cette décoration l'écho rutilant du lieu auquel elle renvoie.

Ici, Vuillard a choisi l'animation de la société des cafés parisiens pour célébrer la résilience sociale après la Grande Guerre, discrètement évoquée par un soldat en capote bleu horizon.

Édouard Vuillard - Le Grand Teddy, 1917-1919

Édouard Vuillard - Le Grand Teddy, 1917-1919

Léopold Survage - La Ville, 1919

Léopold Survage - La Ville, 1919

Arthur Segal - Lîle (Helgoland), 1925

Arthur Segal - Lîle (Helgoland), 1925

Kees Van Dongen - Portrait de la Commodore Drouilly, 1926

Kees Van Dongen - Portrait de la Commodore Drouilly, 1926

Tamara de Lempicka, exilée depuis Saint-Petersbourg, a développé au sein de l'Académie Ranson puis de l'Académie de la Grande Chaumière un style à la croisée du maniérisme de la Renaissance et du néocubisme, fléchissant vers la mode Art déco de son époque.

Cette œuvre qui mêle rigueur cubiste et sensualité des formes, est remarquée dès son exposition au Salon d'automne de 1923.

Le tableau révèle un moment de forte intimité érotique entre deux femmes. Lempicka, libertaire et bisexuelle, fait partie des artistes pionnières qui vivent ouvertement leurs multiples aventures amoureuses et qui en font un des sujets de prédilection de leur art.

Tamara de Lempicka - Perspective ou Les deux amies, 1923

Tamara de Lempicka - Perspective ou Les deux amies, 1923

Jean Metzinger - Le Sphinx, 1928

Jean Metzinger - Le Sphinx, 1928

Pablo Picasso -  L'Aubade, 19-20 janvier 1965

Pablo Picasso - L'Aubade, 19-20 janvier 1965

J'ai été heureuse de découvrir des peintres ou des oeuvres que je ne connaissais pas. Il me tarde maintenant d'aller voir l'exposition temporaire sur l'Ecole de Paris, au Musée de Montmartre. 

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