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Baronne Samedi

Broutilles paraissant le crésudi

Londres - Exposition Elsa Schiaparelli au Victoria & Albert Museum

Publié le 22 Mai 2026 par Baronne Samedi in Londres, Victoria & Albert Museum, Mode, Exposition temporaire

J'adore l'originalité de cette femme et ses mémoires sont un délice !

Elsa Schiaparelli (1890-1973) grandit dans une famille d'aristocrates et d'intellectuels italiens dont l'érudition a contribué à éveiller son imagination. 
 
À la fin des années 1920, elle s'installa à Paris, où elle  rencontra Paul Poiret. Bien qu'elle n'eût pas suivi de formation à la couture, Paul Poiret reconnut son potentiel et lui proposa un poste de styliste dans son atelier. L'esprit indépendant et novateur d'Elsa Schiaparelli l'amena bientôt à créer sa propre maison de couture en 1927.

Londres - Exposition Elsa Schiaparelli au Victoria & Albert Museum

La première collection solo de Schiaparelli, créée en janvier 1927, présentait des tricots noirs et blancs à motifs géométriques.

En novembre 1927, un tournant décisif survint lorsqu'elle commanda à une tricoteuse arménienne, Aroussiag Mikaëlian, la réalisation d'un motif complexe en trompe-l'oeil : un élégant motif de nœud papillon.

Le chandail connut un succès immédiat et fut largement imité.  

Dans ses mémoires, Schiaparelli salue le talent d'Aroussiag qui a contribué à faire connaître sa marque. 

1927
1927

1927

Elsa Schiaparelli lança son premier parfum, S, en 1928, peu après avoir créé ses collections de mode.

Ce parfum unisexe marqua le début d'une série de fragrances à succès, fruit d'un esprit d'entreprise et décrites par la presse comme partageant « la même qualité acidulée et inattendue que les vêtements Schiaparelli ».

1928

1928

Le décolleté plongeant dans le dos de cette robe de soirée crée un effet spectaculaire.

La traîne pouvait se porter longue à l'arrière ou, comme ici, enroulée autour du corps et fixée par une attache dissimulée à la taille.

Ce style alternatif permettant deux silhouettes pour une seule robe.  

1931

1931

Schiaparelli était une coloriste audacieuse, qui affectionnait les juxtapositions inattendues, comme en témoigne la teinte betterave de cette robe, rehaussée de rose saumon. La bordure dessine une ligne sensuelle de l'épaule jusqu'au décolleté plongeant dans le dos.

La texture froissée du ruban était un élément cher à Schiaparelli. Un titre de journal qualifiait cette collection de « pleine de vie et d'intérêt, mettant l'accent sur les effets froissés ».

1932

1932

Elsa Schiaparelli - George Hoyningen-Huene, Vogue, 1932

Elsa Schiaparelli - George Hoyningen-Huene, Vogue, 1932

Cette robe appartenait à Barbara « Baba » Beaton, sœur du photographe Cecil Beaton, ami de Schiaparelli.

L'accent est mis sur les manches, ornées d'épaulettes proéminentes.

Les multiples plis rappellent la technique en vogue au 16e siècle du découpage des tissus à des fins décoratives.

1933
1933

1933

Les manteaux et capes du soir complétaient à merveille une tenue Schiaparelli.

Pour la collection Hiver 1933, elle proposait des manteaux d'inspiration militaire, arrivant aux hanches et à col montant.

Cet exemplaire présente un textile bouclé caractéristique. À l'origine, les fils métalliques brillaient intensément. Bien qu'ils se soient ternis avec le temps, leur texture dense demeure.

1933
1933

1933

Schiaparelli portait ses propres créations pour les portraits réalisés par ses amis artistes. Le créateur Art déco Jean Dunand l'a peinte dans une robe du soir en rayesca, un crêpe à chevrons exclusif de la créatrice, parfaitement adapté au style moderniste et épuré de Dunand.

Cette robe était l'une de ses créations les plus populaires de la collection Automne 1933.

Elsa Schiaparelli, par Jean Dunand - 1933

Elsa Schiaparelli, par Jean Dunand - 1933

Harper's Bazaar décrivait la collection automne 1934 de Schiaparelli comme "une plongée dans un noir radical".

Cette robe du soir se distingue par une tunique inhabituelle, façon tablier, couverte de sequins qui rayonnent jusqu'à un ourlet ondulé.

Vogue, évoquant cette robe, déclarait qu'on pouvait "s'attendre à un avenir étincelant"   

1933

1933

Elsa Schiaparelli par Man Ray, 1933

Elsa Schiaparelli par Man Ray, 1933

Pour Salut, Schiaparelli fait appel à Jean-Michel Frank qui dessina un flacon aux lignes épurées et un emballage en liège contrastant.

Le parfum connaît un vif succès, un journaliste commentant : « Voilà ce que Salut fait pour une femme… Une goutte derrière l'oreille et on a l’impression d’avoir reçu une bonne nouvelle ; une vaporisation autour du cou et Marlène Dietrich n'a qu'à bien se tenir ! »

Parfum S - 1934

Parfum S - 1934

Pour son mariage à la synagogue de Golders Green, dans le nord de Londres, Rosalinde Gilbert a acheté cette robe de mariée chez Schiaparelli London. La texture froissée du tissu était très caractéristique de la créatrice.

Des manches amovibles (aujourd'hui disparues) permettaient à la mariée de porter également la robe en soirée.

Gilbert a probablement modifié la traîne elle-même. Elle dirigeait une maison de mode et, avec son mari Arthur, avait constitué une collection d'art renommée, conservée aujourd'hui au Victoria and Albert Museum.

1934

1934

Parfum Schiap' - 1934

Parfum Schiap' - 1934

En 1935, Salvador Dalí dessina pour Elsa Schiaparelli un poudrier en forme de cadran téléphonique. C'était l'un des accessoires phares que Schiaparelli aavait ajoutés à sa première collection thématique "Stop, Look and Listen", qui marquait l'ouverture de sa nouvelle boutique au 21, place Vendôme

Le poudrier pouvait être personnalisé avec un monogramme gravé. Il connut un tel succès qu'il fut longtemps reproduit.

Ce fut la première collaboration avec Dalí qui en annonçait bien d'autres.   À ce propos, il notait dans ses mémoires que le Paris des années 1930 fut marqué « non par les polémiques des surréalistes du café de la place Blanche, ni par le suicide de mon grand ami René Crevel, mais par la maison de couture qu’Elsa Schiaparelli allait ouvrir place Vendôme. C’est là que se produisirent des phénomènes morphologiques ; c’est là que la langue ardente de l’Esprit Saint de Dalí allait descendre » (La Vie secrète de Salvador Dalí, 1942).

Londres - Exposition Elsa Schiaparelli au Victoria & Albert Museum
Londres - Exposition Elsa Schiaparelli au Victoria & Albert MuseumLondres - Exposition Elsa Schiaparelli au Victoria & Albert Museum

Née en Australie, Molly Fink fut l'une des premières clientes de Schiaparelli. Son mariage, en 1915, avec Martanda Bhairava Tondaiman, Rajah de l'État princier indien de Pudukkottai, suscita la controverse.

Le couple voyagea beaucoup et mena une vie fastueuse. Comme le suggère cette tenue originale, Molly Fink avait un style vestimentaire audacieux. Elle appréciait l'attention du public et sa garde-robe reflétait sa vie cosmopolite.

1935

1935

1936

1936

1936

1936

Pour l'été 1936, Schiaparelli s'inspira d'un souvenir d'enfance : celui d'un saut par la fenêtre, un parapluie à la main pour ralentir sa chute. L'observation de parachutistes lors d'un voyage en Russie fut une autre source d'inspiration.

La transparence du tissu de cette robe, associée à une construction à panneaux crée un effet de parachute. La ceinture et les bordures de la jupe, d'un violet éclatant, structurent la robe vaporeuse.

1936

1936

1936

1936

Elsa Schiaparelli faisait preuve d'une audace remarquable dans l'utilisation de la couleur. De nouvelles teintes captivantes, aux noms évocateurs comme Rouge Pirate, Rose Shocking, Bleu Pierrot ou Vert Océan, sont devenues des signatures saisonnières.

Cet ensemble, réalisé dans l'atelier londonien de Schiaparelli, joue sur les contrastes de couleurs et de textures avec sa cape vert émeraude à plumes et sa robe brune chatoyante.  

1936

1936

Les collections d'Elsa Schiaparelli incluaient des robes de soirée de style européen portées avec des foulards, inspirées de la garde-robe de saris de la princesse Karam de Kapurthala, en visite à Paris cette année-là. La confusion s'ensuivit.

The House les qualifia à tort d'ihrams , vêtements portés par les musulmans lors du pèlerinage à La Mecque. Harper's Bazaar les décrivit comme des robes hindoues, tandis que Vogue utilisa le terme erroné de  sari.

1935

1935

La collection hiver 1935 de Schiaparelli était un jeu de contrastes. Certaines robes du soir arboraient des silhouettes sculpturales et spectaculaires, avec des jupes amples. D'autres, aux jupes plus ajustées, incluaient cette robe marron à la coupe droite et aux rayures horizontales dorées.

Cette robe comporte un détail original : des empiècements ronds brodés et rembourrés qui soulignent la poitrine.  

1935

1935

Ici, deux robes du soir illustrent l'engouement de la créatrice pour les fermetures Eclair apparentes, une signature de Schiaparelli à une époque où ce système de fermeture, encore novateur, était généralement réservé aux vêtements utilitaires.

On distingue mal sur la photo mais sur celle de gauche, une fermeture éclair Noire traverse le corps sous la poitrine.

Sur l'autre, de 1939, une fermeture Eclair en plastique bleu vif, marque une diagonale de la hanche au pubis.

1935 et 1939

1935 et 1939

Les créations transformables de Schiaparelli inspiraient son ami et collaborateur, l'artiste Salvador Dalí.

La silhouette angulaire, les fermetures éclair apparentes et les panneaux transformables de la robe bleue dans ce tableau permettent de l'identifier comme une œuvre de Schiaparelli. La double représentation de la robe par Dalí, encadrée dans un environnement onirique, révèle des parties du corps habituellement dissimulées.

Vêtements de jour et de nuit - Salvador Dalí, 1936.

Vêtements de jour et de nuit - Salvador Dalí, 1936.

Les gants de Schiaparelli exploitaient souvent leur ressemblance troublante avec des mains humaines désincarnées.

Elle créa ses premiers gants à faux ongles en 1928. Après que Man Ray eut photographié des mains peintes à l'image des gants de peints par Pablo Picasso, Schiaparelli reprit cette idée pour sa collection Hiver 1936.

Mains peinte par Picasso - Man Ray, 1935

Mains peinte par Picasso - Man Ray, 1935

Les mains figurent également sur ses broches.

Dans un portrait onirique de sa consœur photographe Dora Maar, Man Ray a superposé une broche Schiaparelli ornée de deux mains entrelacées, faisant écho à la position de la main de Maar et bouleversant ainsi la perception des proportions.

Dora Maar - Man Ray, 1936

Dora Maar - Man Ray, 1936

Nusch Éluard fut mannequin pour Schiaparelli et portait ses créations haute couture.

Figure centrale du mouvement surréaliste, elle a réalisé des photocollages, posé pour Man Ray et Picasso, et inspiré des poèmes à son mari Paul Éluard.

Man Ray l'a photographiée en 1935, tenant une minaudière ovoïde de Schiaparelli et un éventail réfléchissant, cliché qu'il a envoyé par télégramme à Harper's Bazaar pour publication immédiate.

1935
1935

1935

Lorsque l'artiste surréaliste Meret Oppenheim eut besoin d'argent, elle proposa des idées d'accessoires à des couturiers. Schiaparelli acheta son dessin de bracelet en fourrure.

Portant ce bracelet dans un café, en compagnie de Pablo Picasso et Dora Maar, Oppenheim eut l'idée de recouvrir une tasse de thé de fourrure, donnant ainsi naissance à l'œuvre "Object".

Maar, qui avait également photographié les créations de Schiaparelli, photographia "Object" lors de l'exposition surréaliste à la galerie Charles Ratton.

Object, de Meret Oppenheim - Dora Maar,1936

Object, de Meret Oppenheim - Dora Maar,1936

Le tailleur Bureau en velours bleu marine et noir de Schiaparelli, pour l'hiver 1936, présentait des poches en forme de tiroir avec des poignées en plastique rigide.

Cette sculpture souple transformait celle qui le portait en un meuble animé. Elle s'inspirait d'un  dessin de Salvador Dalí qui, à cette époque, ajoutait des tiroirs aux figures de ses peintures et sculptures.

Commode anthropomorphe - Salvador Dalí, 1936

Commode anthropomorphe - Salvador Dalí, 1936

Minotaure - Salvador Dalí, 1936

Minotaure - Salvador Dalí, 1936

Londres - Exposition Elsa Schiaparelli au Victoria & Albert Museum
Londres - Exposition Elsa Schiaparelli au Victoria & Albert Museum

Elsa Schiaparelli était une figure de proue de la haute couture active aussi rapidement dans la joaillerie, les parfums, les cosmétiques, la lingerie et les maillots de bain. 

Elle se distinguait aussi comme la seule créatrice de mode à interpréter avec succès le surréalisme. Schiaparelli traduit les concepts surréalistes en pièces tangibles et portables. Par exemple, Elsa Schiaparelli et Salvador Dalí ont créé le chapeau-escarpin inspiré d'une photo prise par Gala de son mari portant une chaussure de femme en guise de chapeau.

Londres - Exposition Elsa Schiaparelli au Victoria & Albert Museum
1937
1937

1937

Elsa Schiaparelli a travaillé avec certains des esprits les plus brillants de son époque, dont Jean Cocteau, Alberto Giacometti, Salvador Dalí, Man Ray , Méret Oppenheim et d'autres.

Des années 1930 aux années 1950, elle a créé des costumes pour le théâtre et le cinéma britanniques, français et américains,

Mon idole, la sulfureuse Mae West porta l'une de ses créations dans le film  Every Day's a Holiday. 

1937
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1937

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Un kaléidoscope de papillons multicolores, symbole surréaliste de métamorphose, voltige sur cette robe.

Le vêtement incarne l'esprit de l'été ; Schiaparelli le décrivait comme "un chant d'oiseaux, d'abeilles et de papillons tissé dans des imprimés d'été"».

La longueur  à 15 centimètres, était une tendance lancée par Schiaparelli.

1937

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Schiaparelli lança sa collection Automne 1937 à l'occasion de l'Exposition internationale de Paris, où elle exposait aux côtés d'autres artistes et créateurs, dont beaucoup faisaient revivre une esthétique inspirée de la Grèce et de la Rome antiques.

Elle collabora avec Jean Cocteau pour des illustrations et des motifs appliqués.  

Londres - Exposition Elsa Schiaparelli au Victoria & Albert Museum
Illustrations de Jean Cocteau pour Harper's bazaar
Illustrations de Jean Cocteau pour Harper's bazaar

Illustrations de Jean Cocteau pour Harper's bazaar

Le style de dessin linéaire et fantaisiste de Cocteau complétait à merveille la coupe impeccable de Schiaparelli.

S'inspirant de son dessin, la Maison Lesage broda cette veste d'une silhouette de profil, dont le visage apparaît sur l'épaule, les cheveux dévalant une manche en une cascade de perles de verre dorées. La main, comme suspendue, tient un mouchoir à paillettes à la taille.

1937

1937

Parfum Zut, 1937

Parfum Zut, 1937

Schiaparelli confia à son amie, l'artiste Leonor Fini, la conception du flacon de son parfum le plus célèbre, Shocking. Sa forme s'inspirait du mannequin de couture de l'actrice Mae West, alors dans l'atelier de Schiaparelli, et comportait un mètre ruban autour des épaules.

Leonor Fini, dont les œuvres surréalistes faisaient souvent référence au vêtement, fut déçue par l'ajout de petites fleurs à son dessin par le directeur commercial de Schiaparelli.

Schiaparelli fit appel à l'illustrateur et costumier Marcel Vertès pour créer les publicités de Shocking. Il insuffla de l'humour aux pages des magazines, animant souvent les flacons de 1937 en les représentant dans des lieux insolites tels qu'un atelier de peintre ou un hippodrome.

Londres - Exposition Elsa Schiaparelli au Victoria & Albert Museum
Londres - Exposition Elsa Schiaparelli au Victoria & Albert Museum
Londres - Exposition Elsa Schiaparelli au Victoria & Albert Museum

Le couronnement du roi George VI fut l'événement britannique le plus prestigieux de 1937. Nombre d'invitées privilégièrent la haute couture britannique pour cette importante occasion nationale.

À l'inverse, Jane Clark, épouse de l'historien d'art Kenneth Clark, opta pour une création d'Elsa Schiaparelli. Son ensemble, d'une élégance sobre, comportait un détail subversif : le bouton du manteau en forme de sirène dévoilant des seins aux tétons saillants.

Schiaparelli était réputée pour les boutons et bijoux qu'elle faisait réaliser spécialement pour ses créations. 

1937

1937

Londres - Exposition Elsa Schiaparelli au Victoria & Albert Museum
Londres - Exposition Elsa Schiaparelli au Victoria & Albert Museum
Londres - Exposition Elsa Schiaparelli au Victoria & Albert Museum
Londres - Exposition Elsa Schiaparelli au Victoria & Albert Museum
Londres - Exposition Elsa Schiaparelli au Victoria & Albert Museum
Londres - Exposition Elsa Schiaparelli au Victoria & Albert Museum
Londres - Exposition Elsa Schiaparelli au Victoria & Albert Museum

Lorsque Nusch Éluard arriva à l'atelier de Pablo Picasso coiffée d'un chapeau Schiaparelli orné d'un fer à cheval et de deux barrettes à la boutonnière délicates, Picasso entreprit immédiatement son portrait.

Fasciné par la forme angulaire du chapeau, qu'il compara à une enclume, il s'empressa de la représenter.

Schiaparelli admirait l'œuvre de Picasso et possédait son tableau, Oiseaux en cage, réalisé la même année que le portrait d'Éluard.

Nusch Éluard  - Pablo Picasso, 1937

Nusch Éluard - Pablo Picasso, 1937

Schiaparelli concevait des motifs textiles qu'elle faisait réaliser par les meilleures maisons de l'époque. 

Elle fait sensation dans le monde de la mode avec cet imprimé de 1935.

Tirant profit de l'attention médiatique suscitée par ses vêtements et sa vie privée, elle a créé cet imprimé à partir de coupures de presse la concernant.

Le motif faisait partie de sa collection « Stop, Look and Listen » et se retrouvait sur ses robes de jour, ses ombrelles, ses chapeaux et même sur des cravates pour hommes.

1935

1935

En 1936, Schiaparelli créa des imprimés originaux pour le marché américain, qu'elle vendit aux fabricants et aux rayons tissus des grands magasins. Quatorze d'entre eux furent produits en exclusivité pour le fabricant de textiles américain Drucker-Wolf, Inc.

Parmi ces motifs figurait « A hand to kiss» et "1937 Paris Exposition", des monuments parisiens emblématiques, dont la tour Eiffel et l'Arc de Triomphe, ce  dernier célébraint l'Exposition internationale de 1937 à Paris.

1937
1937

1937

Le homard était un motif récurrent chez Salvador Dalí, qui le considérait comme un animal à forte connotation sexuelle.

Pour une ligne de maillots de bain Schiaparelli, il dessina un homard persil, que le créateur Paul Sache transféra sur soie.  Dalí proposa d'appliquer ce motif à une simple robe de soirée taille haute, en positionnant le homard de manière suggestive sur la jupe. 

La commande à Dalí par le poète Edward James du Téléphone-homard illustrait la libre circulation des idées entre artistes.

Londres - Exposition Elsa Schiaparelli au Victoria & Albert Museum
Londres - Exposition Elsa Schiaparelli au Victoria & Albert Museum
Londres - Exposition Elsa Schiaparelli au Victoria & Albert Museum

Elsa Schiaparelli créait ses modèles autour de thèmes reconnaissables.  Elle puisait son inspiration dans une variété de sources non conventionnelles et intitulait ses collections en conséquence.

La collection Pagan (Païen) de Schiaparelli célébrait la nature et l'Antiquité.

Façonnée comme une colonne dorique, les plis épais et rembourrés de cette robe créent l'illusion de cannelures sculptées.  L'encolure géométrique encadre la tête de celle qui la porte, qui devient le chapiteau de la colonne.

Londres - Exposition Elsa Schiaparelli au Victoria & Albert Museum
1938

1938

Londres - Exposition Elsa Schiaparelli au Victoria & Albert Museum
1938

1938

Schiaparelli annonça la collection Circus de l'été 1938 comme un spectacle éblouissant : "Un cirque en pleine rue avec des éléphants, des pommes et du caramel… et des imprimés qui défient le titre de Barnum, celui du plus grand spectacle du monde."

Témoignant de la créativité débordante de la créatrice, la collection rencontra un vif succès auprès de sa clientèle audacieuse et fit l’objet d’une large couverture médiatique.

Le New York Times mit en avant une "veste à éléphants, ornée de petits pachydermes appliqués en argent sur un fond rose shocking".

1938

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1938

Schiaparelli avait clôturé la présentation de sa collection Circus avec une robe de mariée dont seul ce voile étonnant est exposé.

La résille est brodée de perles bleues évoquant autant des mèches de cheveux que des formes serpentines.  On pourrait y voir une réminiscence de Méduse du fait de l'origine italienne de Schiaparelli... et son expérience malheureuse du mariage. 

1938

1938

Un motif central de sa collection du printemps 1939,  A modern comedy était le motif losange du costume d'Arlequin, que l'on retrouve sur ce manteau patchwork multicolore.

1939

1939

Peu après que Schiaparelli eut présenté sa collection de Comédie moderne, son ami de longue date, Man Ray, réalisa cette œuvre qu'il considérait comme l'apogée de sa carrière surréaliste. On y voit un mannequin à motif losanges colorés, semblable à un manteau Schiaparelli (exposé à proximité), ainsi que d'autres clins d'œil à son œuvre et à la sienne.

Malgré son titre optimiste, le mur abîmé et les créatures qui s'affrontent annoncent la guerre à venir. 

Fair weather -  Man Ray, 1939

Fair weather - Man Ray, 1939

Gants : 1950, 1939 et 1938

Gants : 1950, 1939 et 1938

Les motifs mystiques, spirituels et célestes sont récurrents chez Schiaparelli. Cette robe présente des clés croisées délicatement brodées, symbole chrétien des Clés du Ciel.

Peut-être en référence à la guerre imminente, The House déclara à propos de ce vêtement : « Finalement, les choses ne peuvent pas être si mauvaises. La vie est tout simplement paradisiaque ! »

Londres - Exposition Elsa Schiaparelli au Victoria & Albert Museum

Schiaparelli portait cette robe au bal du 50e anniversaire de la Tour Eiffel en juin 1939. L'imprimé d'hirondelles en vol évoque l'espoir et le renouveau.

Les fronces fluides de la jupe contrastent avec la coupe près du corps. Nombre d'amies et de clientes de la créatrice assistaient à cet événement vêtues de robes Schiaparelli.

Londres - Exposition Elsa Schiaparelli au Victoria & Albert Museum

Elsa Schiaparelli possédait ce tableau de Dalí. La tête de fleurs fait peut-être référence à une anecdote : enfant, elle s'était mis des graines de fleurs dans le nez et la bouche espérant qu'elles fleuriraient pour la rendre belle. 

Le tableau de Dalí faisait partie d'une série troublante représentant des femmes en robes plus ou moins déchirées. Il a inspiré la robe de Schiaparelli  où un imprimé en trompe-l'œil crée l'illusion de déchirures dans le tissu, voire la chair.   

Printemps nécrophilique - Salvador Dalí, 1936

Printemps nécrophilique - Salvador Dalí, 1936

1938

1938

La beauté macabre des squelettes fascinait les surréalistes comme Dalí, qui puisait son inspiration dans les illustrations anatomiques historiques.

L'artiste dessina des squelettes posant comme mannequins pour Schiaparelli, écrivant : "Chère Elsa, j'aime énormément cette idée des "os dehors”. Il inclua deux modèles de sac à main dont les formes nodulaires s'inspiraient des os du bassin.

Schiaparelli donna vie à la robe squelette grâce à une technique de matelassage sur un tissu transparent. L'effet obtenu suggérait que l'on voyait à travers le corps de celle qui la portait.

Femme squelette - Salvador Dalí, 1938

Femme squelette - Salvador Dalí, 1938

1938
1938
1938

1938

Le pantalon est devenu un emblème de Schiaparelli à une époque où la plupart des femmes ne le portaient que pour le sport ou comme tenue informelle à la maison.

Avec son audace habituelle, Schiaparelli a fait de ce vêtement une pièce élégante pour le jour, avec des tweeds, comme pour le soir, en version fluide. 

Elle fut la créatrice attitrée des plus grandes stars de l'époque pour leurs tenues personnelles, notamment Marlène Dietrich, qui affectionnait particulièrement ses tailleurs-pantalons à la coupe impeccable.

Son style audacieux et imaginatif continua de forger sa réputation et son influence internationales.

1939

1939

Londres - Exposition Elsa Schiaparelli au Victoria & Albert Museum
Londres - Exposition Elsa Schiaparelli au Victoria & Albert Museum

Schiaparelli affectionnait les paravents peints par ses amis artistes pour sa décoration intérieure. Cet exemple, réalisé par son collaborateur de longue date Marcel Vertès, fait référence à la tradition théâtrale italienne et à son influence sur le ballet.

On y voit Arlequin, en collants à losanges, chantant une sérénade à Colombine, vêtue d'un tutu. Vertès a peint ces personnages de la Commedia dell'arte à peu près au même moment où Schiaparelli lançait sa collection Modern comedy.

Londres - Exposition Elsa Schiaparelli au Victoria & Albert Museum
1939

1939

1939

1939

À une époque où le port du chapeau était de rigueur en journée pour les femmes, Elsa Schiaparelli proposait des modèles provocateurs confectionnés dans des matières aussi variées que le feutre de laine, les fibres végétales ou la fourrure.

Parmi ses créations de chapellerie les plus surprenantes, on trouvait un escarpin renversé, une cage à oiseaux, un chapiteau de cirque et même une côtelette d'agneau.

Faisant référence à ces fantaisies, elle déclara un jour : « On peut insuffler un esprit de bonne humeur contagieux, même à travers les chapeaux des femmes. J'aime m'amuser avec certaines de mes créations. Sinon, je mourrais. »

Londres - Exposition Elsa Schiaparelli au Victoria & Albert Museum
Londres - Exposition Elsa Schiaparelli au Victoria & Albert Museum
1939

1939

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1939

1939

1939

Aussi excentrique que talentueux, Christian Bérard réalisait des illustrations de mode pour les plus grands magazines. Son style lyrique animait la silhouette fuselée des robes du soir de la collection hiver 1939 de Schiaparelli.

Affectueusement surnommé Bébé, Schiaparelli disait de lui  : "Être approuvé, admiré et parfois même pris pour ami par Bébé était une consécration dans le monde artistique, social et intellectuel parisien."

Christian Bérard, 1939
Christian Bérard, 1939

Christian Bérard, 1939

Snuff, créé en 1939, était le seul parfum masculin de Schiaparelli.

Son flacon, en forme de pipe et vendu dans une boîte à tabac, fait référence au tableau de René Magritte, La Trahison des images (1929), qui représente une pipe accompagnée de la phrase paradoxale : « Ceci n’est pas une pipe ».

Par cette allusion à l’œuvre d’art, Schiaparelli affirme son approche ludique de la perception du réel.

Londres - Exposition Elsa Schiaparelli au Victoria & Albert Museum
Londres - Exposition Elsa Schiaparelli au Victoria & Albert Museum

Face à la menace imminente de la guerre, la collection Été 1939 de Schiaparelli s'inscrit dans une esthétique rétrograde. Sa réinterprétation de la tournure du 19e siècle met en lumière le dos des vêtements,

Sur ce manteau du soir, le volume est obtenu grâce à une traîne que l'on peut nouer en fronces évoquant une tournure.

1939

1939

1940

1940

1940

1940

À l'occasion de sa tournée de conférences dans 30 villes des États-Unis en 1940, Vogue décrivait Schiaparelli comme étant arrivée avec "peu de bagages, mais un chic sans limite".

Elle associait des vestes à des tenues de jour comme de soirée, à l'image de celle-ci dotée de poches assez spacieuses pour se passer d'un sac à main.

 La tournée présentait une « garde-robe de conception américaine » que certains fabricants américains avaient été sélectionnés pour reproduire. La veste ornée de boutons en émail en forme de globe (à droite) symbolisait un monde uni en temps de guerre. 

1940

1940

Echantillons de bas, 1940

Echantillons de bas, 1940

Sleeping fit son apparition dans la collection Été 1940 de Schiaparelli, avec un flacon et un emballage évoquant une bougie allumée et un éteignoir.

Commercialisé comme un parfum de nuit à vaporiser avant le coucher, il faisait allusion à la fascination surréaliste pour les rêves et l'inconscient.

Le cône turquoise annonçait également la nouvelle couleur Schiaparelli de la saison : le Bleu Sleeping.

Londres - Exposition Elsa Schiaparelli au Victoria & Albert Museum
Publicité pour Sleeping de Schiaparelli, Marcel Vertès, vers 1940

Publicité pour Sleeping de Schiaparelli, Marcel Vertès, vers 1940

Le garde-manger coloré de Schiaparelli, composé de carottes, de choux-fleurs et de radis, offrait une observation pleine d'esprit sur l'évolution du rôle des femmes pendant la guerre qui ont contribué à la relance économique du pays en cultivant des produits frais.

Ce smoking était issu de la dernière collection que Schiaparelli avait créée avant de quitter Paris pour les États-Unis en mai 1941.

1941

1941

Le parfum Le Roy Soleil était un hommage à Louis XIV.

Produit en édition limitée à 2 000 exemplaires, il était présenté dans des flacons en cristal créés par le célèbre verrier français Baccarat et conditionnés dans des coquillages surdimensionnés en métal doré.

Salvador Dalí, qui avait dessiné le flacon, avait créé un effet d’illusion sur le bouchon où soleil, ciel et oiseaux se confondent pour former un visage.

Londres - Exposition Elsa Schiaparelli au Victoria & Albert Museum
Publicité pour Le Roy Soleil - Marcel Vertès, vers 1947

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1949

1949

Le motif de cette jupe en taffetas de soie français reflète l'enthousiasme de Schiaparelli pour les tartans écossais.

Elle les a intégrés à une gamme de vêtements, notamment des manteaux, des vêtements de sport et des chapeaux.

1940

1940

Londres - Exposition Elsa Schiaparelli au Victoria & Albert Museum

J'avais vu il y a très longtemps un immense rétrospective et j'ai été déçue de ne pas revoir ici des modèles créés pendant la guerre. 

Pensése pour une évacuation rapide en cas de bombardement, les combinaisons-pantalon pouvaient s'enfiler à la hâte par-dessus une chemise de nuit et qui avaient de très nombreuses poches pour emmener l'essentiel en gardant les mains libres. 

En revanche, j'ai découvert que la marque de couture Schiaparelli a été relancée 

Il y avait de nombreuses très belles créations de son créateur Daniel Roseberry, depuis 2019. Je n'ai pas pu les documenter en détail car les gardiens ont soudain annoncé une fermeture anticipée de 30 mn par rapport aux horaires habituels.  

Je jette donc ici pêle-mêle les photos de modèles que j'ai trouvés bien dans l'esprit d'Elsa. Malheureusement, l'éclairage était désastreux, avec des projecteurs tournants qui éclairaient les robes en alternance et qui créait des ombres portées.

Londres - Exposition Elsa Schiaparelli au Victoria & Albert Museum
Londres - Exposition Elsa Schiaparelli au Victoria & Albert Museum
Londres - Exposition Elsa Schiaparelli au Victoria & Albert Museum
Londres - Exposition Elsa Schiaparelli au Victoria & Albert Museum
Londres - Exposition Elsa Schiaparelli au Victoria & Albert Museum
Londres - Exposition Elsa Schiaparelli au Victoria & Albert Museum
Londres - Exposition Elsa Schiaparelli au Victoria & Albert Museum
Londres - Exposition Elsa Schiaparelli au Victoria & Albert Museum
Londres - Exposition Elsa Schiaparelli au Victoria & Albert Museum
Londres - Exposition Elsa Schiaparelli au Victoria & Albert Museum
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