Situé dans le pavillon de l'Hôtel-Dieu où est né Gustave Flaubert et où son père occupa un poste de chirurgien, le musée présente des souvenirs de la famille Flaubert et évoque l'histoire de la médecine du moyen-âge au début du 20e siècle.
À l'origine, les collections médicales du musée ont été constituées par les anciens élèves de l'Ecole de médecine de Rouen. Elle regroupent aujourd'hui des domaines variés : la médecine et la chirurgie, la pharmacie, la naissance et la petite enfance, l'art dentaire et des objets rares comme le mannequin d'accouchement de Mme du Coudray du 18e siècle ou le masque mortuaire de Napoléon Bonaparte.
Le musée est également le reflet de l'évolution des pratiques médicales, des statues de saints guérisseurs à la révolution médicale et technique du 19e siècle.
Le berceau bas à bascule ci-après pouvait être mis en mouvement avec le pied mais ne protègeait pas l'enfant des animaux.
L'enfant était immobilisé par un emmaillotage et les sangles évitaient la possibilité qu'il passe par-dessus bord.
Sainte Agathe est une vierge sicilienne née à Catane au 3e siècle. Ayant refusé de se plier au désir du préfet Quintien et d'adorer les divinités païennes, elle subit plusieurs martyres.
On lui arrache les seins avec une tenaille, c'est pourquoi son attribut habituel est un ou deux seins présentés sur un plat.
En raison du caractère particulier de son supplice, elle est devenue la patronne
des nourrices. On l'invoque aussi pour la guérison des abcès, des crevasses et du
cancer du sein. On lui offre des ex-voto mamelliformes en argent ou en cire.
Extrêmement rare, le mannequin ci-après destiné à l'enseignement des gestes obstétricaux est très proche du mannequin des Pr Budin et Pinard daté de 1877.
Celui-ci provient de la faculté de médecine de Pilsen en République Tchèque.
La paroi abdominale amovible permet de placer le fœtus dans différentes positions. La tige extérieure actionne un faux sacrum métallique qui par une pression simule l'expulsion du fœtus.
Mannequin obstétrical - Bois, métal, cuir, fœtus en cuir bourré de crin - Fin 19e/ début 20e s. - République Tchèque
C'est le dentiste américain Horace Wells qui passe pour être le premier expérimentateur de l'anesthésie au protoxyde d'azote.
Bien que ce gaz dit « hilarant » ait été étudié par des chimistes et médecins au début du 19e siècle, Wells tente de l'utiliser pour des extractions dentaires en 1844.
Une démonstration publique malheureuse à Boston discrédite sa découverte, mais il récidive par la suite avec succès. Il ne sera néanmoins pas entendu, même lors de son voyage à Paris en 1847, ce qui le conduira au suicide l'année suivante.
Parallèlement, à la même époque, d'autres produits anesthésiants sont testés comme l'éther, administré notamment avec le masque d'Ombrédanne utilisé
dans les hôpitaux jusque vers 1960.
Le chloroforme est également expérimenté, très prisé des médecins accoucheurs anglais au milieu du 19e siècle. La reine Victoria accoucha sous chloroforme d'où l'expression « un accouchement à la reine ».
Ce type d'anesthésie, trop dangereux, fut remis en cause après de nombreux accidents mortels.
Franz Mesmer (1734 - 1815) était le fondateur de la théorie du magnétisme animal, dite "mesmérisme". Ce médecin allemand prétendait pouvoir guérir toutes les maladies nerveuses grâce à son fluide magnétique personnel.
Le baquet autour duquel prenaient place les patients était le condensateur du fluide distribué par Mesmer. Celui-ci, qui provient du fonds Desbois de la Bibliothèque municipale de Rouen, est plus modeste que ceux représentés sur les gravures d'époque.
Si Mesmer fut très controversé, il a néanmoins ouvert la voie à l'hypnose médicale.
Un peu partout dans la maison sont disséminées des définitions du Dictionnaire des idées reçues de Flaubert.
Conçu comme un recueil de lieux communs et des clichés de son temps, tout comme Bouvard et Pécuchet dans lequel il devait s'insérer, ce dictionnaire contribue à l'encyclopédie de la bêtise humaine imaginée par Gustave Flaubert.
Évidemment satirique et critique, Flaubert voulait qu'une fois qu'on l'aurait lu "on n'osât plus parler de peur de dire naturellement des phrases qui s'y trouvent."
Quand on a repéré une définition, on se met à guetter les autres...
Dans l'esprit de La Leçon d'anatomie du Docteur Tulp de Rembrandt, le peintre a représenté le Dr Alfred Velpeau, chirurgien, professeur de clinique médicale, enseignant à ses élèves la nouvelle méthode anatomo-cliniqne basée notamment sur l'observation de la dissection.
La figure centrale du grand patron, entouré de douze disciples avides de connaissance, n'est pas sans rappeler l'iconographie de La Cène. Ici, c'est la foi en la science et le triomphe du progrès médical qui sont glorifiés.
Quelques vitrines attestent du retour en vogue de la physiognomonie au 19e siècle, avec en particulier des moulages de visages de criminels, comme l'infâme Lacenaire.
Les Fournier exécutés en 1838 y figurent aussi, dont le père était boucher. Ils assassinèrent deux curés octogénaires, leurs deux servantes, une de leurs nièces et un beau-frère. Les victimes avaient été tuées à la hache, avec barbarie, et leurs têtes avaient été écrasée.
Les études anatomiques occupaient une large place dans le cursus des étudiants en médecine de l’époque. Les psychiatres s’interrogeaient sur d’éventuelles altérations de l’encéphale pour expliquer la folie, comparant les crânes et cerveaux de criminels avec ceux de personnes considérés comme saines.
Les phrénologues prêtaient attention à l’instinct carnassier de certains criminels. Felix Voisin, président de la Société phrénologique de Paris, affirmait que “l’homme animal” était parfaitement dessiné chez les meurtriers. Il les décrivait ainsi : ”Dans la partie supérieure, la tête est évidée comme le toit d’un couvreur ; dans sa partie antérieure, elle est étroite, déprimée et fuyant en arrière”.
La prochaine visite sera celle de l'église sainte Jeanne d'Arc que l'on voit dans l'axe de l'avenue Gustave Flaubert.
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