La journée commence avec un élan de compassion pour les livreurs qui sillonnent la ville avec des chariots et des diables, affrontant la foule, les pavés et les escaliers.
Les patères vénitiennes (sing. patera/plur. patere) sont des bas-reliefs ornementaux de forme circulaire, typique de la lagune vénitienne. Le nom vient de la "patera" latine, une coupe rituelle peu profonde, pour sa forme circulaire et sa connotation d'objet sacré ou de bon augure.
Elles ont été créées surtout entre le 11e et le 13e siècle, à une époque où la ville se tourne vers l’Orient byzantin et importe des matériaux, des artisans et des modèles décoratifs. Elles ont un diamètre variant de 20 à 80 cm, tandis que leur épaisseur avoisine les 10 cm. Le motif représenté en bas-relief était généralement zoomorphique, mais on trouve également des patères ornées de motifs végétaux, voire géométriques.
Environ cent cinquante thèmes iconographiques ont été identifiés.
Ces ornements sont en pierre d'Istrie ou en marbre grec, moins fragile que celui de Carrare, qui offrent une grande résistance à la corrosion provoquée par l'air chargé de sel.
De nombreuses patères vénitiennes trouvent leur origine dans l’univers byzantin : des disques sculptés, des plaques et des fragments décoratifs arrivaient dans la lagune par les routes commerciales qui reliaient Venise à Constantinople, à la mer Égée et au Levant. Tout ne doit pas être considéré comme du butin : outre les matériaux arrivés après la quatrième croisade de 1204, circulaient des pièces achetées, récupérées, réutilisées ou imitées par des artisans locaux.
La réutilisation, revêtait une valeur à la fois pratique et symbolique. Une pierre ancienne ou orientale conférait du prestige à la maison, témoignait d’une familiarité avec la mer et les marchés méditerranéens, et apportait à la façade un langage reconnaissable : des griffons face à face, des paons, des lions, des aigles, des croix, des rosaces et des rinceaux. Ces motifs, fréquents dans l’art byzantin et roman, furent adaptés au goût vénitien, plus narratif et urbain.
Seule une ville comme Venise, carrefour de cultures, de commerces, de goûts et de sensibilités orientales et occidentales, pouvait réaliser dans ces patères une synthèse artistique mêlant des répertoires aussi éloignés.
Les patères étaient une manière de transformer des marchandises, des souvenirs de voyage et des fragments sacrés ou nobles en identité urbaine. La façade vénitienne devenait ainsi une archive de pierre, visible depuis les ruelles et les canaux.
Pour les lire, il voir la scène dans son ensemble, et non un animal pris isolément.
Deux créatures se faisant face, souvent séparées par un arbre, un vase ou une branche, indiquent un ordre symétrique : une image d’équilibre, d’abondance ou de protection. Si, en revanche, une bête sauvage attaque un cerf, un lièvre ou un oiseau, le thème devient celui de la lutte : la force contre la fragilité, l’instinct contre le salut, ou simplement un motif décoratif hérité des répertoires orientaux. Le motif le plus reproduit était l’aigle, symbole de vertu, attaquant un lièvre, incarnant la luxure.
Les lions et griffons sont des figures de pouvoir et de vigilance, adaptées aux seuils, aux cours et aux façades exposées. Les aigles évoquent l’autorité et la domination tandis que les paons sont associés à l’immortalité, la splendeur ou la fidélité. La colombe symbolise l'innocence, la sincérité spirituelle, la sainteté et l'amour. Les échassiers représentent la piété filiale, les coqs symbolisent la vigilance et la lumière.
Les serpents et dragons sont des symboles ambigus, tantôt menaçants, tantôt protecteurs lorsqu’ils sont utilisés à des fins apotropaïques.
Quant aux rameaux, rosettes, palmettes, plus que de simples éléments de remplissage, ce sont des signes de fertilité et de continuité.
Ces interprétations ne sont pas un dictionnaire figé : un même animal peut changer de signification selon sa position, son association avec un autre, son geste et l’emplacement sur le mur. C’est précisément cette ambiguïté qui rend ces reliefs si vénitiens : des fragments anciens réadaptés à de nouvelles façades, où le symbole reste visible même lorsque sa signification d’origine est devenue incertaine.
En terme de construction, la préoccupation majeure des premiers architectes de palazzi de Venise était la légèreté pour ne pas surcharger les pilotis.
Il était interdit de mettre des murs porteurs sur la rive des canaux car le bord de la plate-forme était le plus fragile. L'appui se faisait plus à l'arrière, de même que le support de toit. Les balcons étaient interdits.
Le portego, une vaste salle centrale traversante, était conçu pour distribuer la lumière naturelle dans tout le bâtiment. Cette disposition permettait une ventilation efficace, essentielle dans un climat humide. De plus, les façades étaient allégées par la pierre ajourée et les grandes fenêtre qui font la beauté des édifices,
Néanmoins, à la Renaissance, sous l'influence des Romains et Florentins, les riches commanditaires voulurent une architecture plus imposante pour augmenter leur prestige.
Les architectes eurent alors recours au bossage (bugnato) pour rajouter en épaisseur et en débordement avec une technique au sol donnant l'impression d'être situé plus haut que les autres édifices.
J'ai adoré ce moment de quiétude et d'élégance offert par l'homme parfaitement détendu à la terrasse du café de la Ca' Rezzonico.
Patère nominale : les initiales représente la Scuola de San Rocco qui possédait de nombreux biens immobiliers.
Les fixations métalliques sur certaines façades montrent que des poutres métalliques de renforcement ont été posées dans la maison.
Le campo Santa Maria Mater Domini, dans San Polo, comporte d’élégants bâtiments comme la Ca' Zane dont ce côté a une fenêtre à quatre baies de style gothique exemple typique de la rencontre entre les styles oriental et occidental.
L'application verte sur cette belle façade est du marbre de Figline di Prato, également appelé serpentine, ou marbre vert de Prato. C'était le plus coûteux des marbres. Le bâtiment était le siège d’une « Compagnia delle Calze » dont la couleur était le vert.
Il s'agissait d'associations de jeunes nobles vénitiens qui organisaient la vie du spectacle à Venise entre le15e et le 16e siècle. Leurs membres portaient des bas distinctifs de différentes couleurs, d’où leur nom.
Au début du carnaval, chaque Compagnie organisait une série de spectacles réservés à la noblesse vénitienne, dans lesquels étaient engagés (aux frais de la compagnie) des bouffons célèbres de l’époque, mais aussi de véritables pièces de théâtre mettant en scène des auteurs célèbres tels que Ruzante et Pietro Aretino.
A l'arrivée au marché au poissons du Rialto, le bruit est infernal ! Non à cause des commerçants qui remballent mais à cause des cocai, ces goélands omniprésents dans la ville.
Ils se rassemblent ici pour se disputer les déchets à grands cris et battements d'ailes.
Les goélands sont une réelle nuisance. Opportunistes, ils se jettent sur la nourriture qu'ils repèrent, y compris dans les mains de touristes.
Ils sont une telle nuisance que les hôtels de luxe dotées de terrasses et certaines instances ont périodiquement recours aux services de fauconniers pour créer des zones protégées, pour quelque temps.
Comme au marché de campo Santa Margarita, on trouve la plaque qui régulait la pêche en donnant la taille minimum des spécimens mis en vente.
Mais ici, un petit farceur a ajouté la taille de son pénis, le molo étant une jetée, avancée sur la mer. 😁
Il y a ici l'arrêt du traghetto qui me permet de travers le canal pour revenir à mon quartier.
La chance a voulu que je sois la seule cliente, et j'ai eu le sentiment d'être une riche grande dame vénitienne, dans sa gondole privée !
Une particularité de Venise est la numérotation extravagante de ses adresses.
De fait, la ville ne s'est pas construite de manière traditionnelle, à un emplacement proche d'un fleuve et doté de routes. C'était un ensemble d'îlots peu à peu reliés par des ponts et des comblements de canaux.
De fait, il y a des parcelles numérotées avec logique mais juxtaposées avec d'autres dont les numéros ne suivent pas.
Souvent, il n'y a pas d'adresse précise du type numéro/rue ou place. C'est souvent le nom du quartier suivi d'un numéro : Dorsoduro, 2130 par exemple.
Si un navigateur permet désormais de s'orienter, je me souviens de l'époque où même avec une carte, il était impossible de le faire précisément. Il valait mieux se repérer d'après un quai et une église pour retrouver son hôtel !
De plus, le dédale des rues étroites ne permet pas de voir les alentours, ni même la position du soleil... Au mieux, il y a des fléchages "> San Marco", ">Rialto".
Avant les navigateurs, la méthode était simplement : "J'habite à Dorsoduro, près de l'église Santa Mater, à côté du cordonnier." Les visiteurs arrivaient dans le quartier et questionnaient ses habitants, tout simplement.
Quand, tout à l'heure,le réseau ne me permettait plus de me connecter à internet j'ai eu un moment de panique avant de prendre conscience ne pas être très loin de ma résidence. Comme elle est tout près de Madonna dell'Orto, j'ai tout simplement demandé la direction à un cafetier puis à une fleuriste grâce à qui je suis rentrée.
Je croise néanmoins les doigts pour que ça n'arrive plus !
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