La collection Jean Walter-Paul Guillaume est l'une des plus belles collections européennes de peintures. Elle rassemble 146 œuvres, des années 1860 aux années 1930. Elle fut initiée et principalement formée par Paul Guillaume, jeune marchand d'art visionnaire.
Ambrois Vollard évoquait ainsi le jeune marchand formé et conseillé par Guillaume Apollinaire : «Avant le grand engouement pour l'art nègre, Paul Guillaume s'était formé une collection de fétiches, tout en s'intéressant aux artistes encore peu connus ... comme Modigliani, Soutine ... Je ne parle pas de sa collection particulière où l'on pouvait admirer les toiles les plus révélatrices de Matisse, Derain, Henri Rousseau, Picasso ... Mort prématurément, il aura passé comme un météore.»
De 1914 à sa mort à 42 ans d’une péritonite, Paul Guillaume rassembla une collection extraordinaire de plusieurs centaines de peintures, de l'impressionnisme à l'art moderne, alliée à des pièces d'art africain qu’il est le premier à faire connaître et qui bouleverse le regard et l’art du 20e siècle.
La collection reflète ainsi un moment précis de l'art moderne à Paris, celui de la revue Les Arts à Paris, que Paul Guillaume fonde en 1918, et des «représentations modernistes» qui ont lieu à sa galerie, avec les récitals des compositeurs Éric Satie, George Auric ou Claude Debussy, les lectures de Blaise Cendrars, d'Apollinaire ou les présentations de tableaux métaphysiques de Chirico.
Après le décès de Paul Guillaume, sa veuve, remariée à Jean Walter, architecte et entrepreneur, transforma et réduisit la collection, tout en faisant de nouvelles acquisitions dans un style plus conventionnel, en particulier de nombreuses oeuvres impressionnistes.
La collection, cédée à l’Etat comporte comporte actuellement pour la période impressionniste 25 Renoir, 15 Cézanne, 1 Gauguin, 1 Monet, 1 Sisley, et pour la période moderne 12 Picasso, 10 Matisse, 5 Modigliani, 5 Marie Laurencin, 9 Douanier Rousseau, 29 Derain, 10 Utrillo, 22 Soutine et 1 Van Dongen.
Lors de ma visite, les quelques masques et fétiches africains exposés n'étaient pas assez éclairés pour de bonnes photographies.
En outre. les Cézanne et Renoir étaient absents du fait d'une grande exposition itinérante à l’étranger. Heureusement, j'en ai déjà vu de nombreuses toiles lors d'autres expositions et j'ai été très contente de voir le reste, en particulier des Soutine que je ne connaissais pas.
Icône du primitivisme, d'après l'historien d'art William Rubin, ce masque Fang au visage énigmatique appartient aux masques d'esprits du Nord-Gabon. Les sculptures en provenance de cette région, l'une des premières explorées par les missions françaises dans la seconde moitié du 20e siècle, furent rapportées très tôt, et suscitèrent un fort intérêt chez les artistes.
André Derain achète, en 1905, ce masque Fang à son ami peintre Maurice de Vlaminck. A l'instar de Matisse, Braque ou Picasso, tous deux réunissent dans leurs ateliers des objets d'« art primitif».
En 1930, le marchand Ambroise Vollard (1866-1939) en fait réaliser un moulage en bronze. L'original issu du fonds d'atelier de Derain est conservé au Musée national d'art moderne.
En dépit d'un intérêt très grand pour l'univers de la scène, ayant réalisé notamment les décors de La Boutique fantastique en 1919 pour les Ballets russes, le thème de cette immense composition, emprunté à la commedia dell'arte, semble avoir été insufflé à Derain par Paul Guillaume, lequel aurait même prêté ses traits au Pierrot.
Exécutée en 1924, la toile trouve dans l'appartement du marchand une place de premier ordre, accrochée aux côtés des Trois sœurs de Matisse.
Apollinaire suit et célèbre l'œuvre de Matisse dès 1908. Il publie alors ses Notes d'un peintre qui marquent durablement sa propre conception de l'art moderne.
Œuvre de transition, ce portrait de trois sœurs est l'une des œuvres magistrales de Matisse.
De multiples sources ont été invoquées pour la réalisation de ce tableau, dont Le Balcon (1869) d'Édouard Manet ou l'estampe japonaise. L'ensemble des trois grands tableaux sur ce même thème, conservé à la fondation Barnes de Philadelphie, a vraisemblablement été proposé par Paul Guillaume au docteur Barnes.
C'est sans doute en souvenir de ces chefs-d'œuvre qu'il acquiert ce tableau en vente publique, en 1926, pour le musée qu'il a l'intention de créer à partir de sa collection.
Le Petit Pâtissier compte au rang des œuvres majeures peintes par Soutine et serait à l'origine, comme le relate Paul Guillaume, de la renommée soudaine de son auteur.
Le collectionneur américain Alfred C. Barnes en acquiert une version et «du jour au lendemain Soutine devint connu, recherché des amateurs [...] à Montparnasse, un héros.»
Des six variations sur le sujet exécutées par l'artiste, celle de l'Orangerie, peinte probablement en 1922, par son usage virtuose du blanc, est la plus audacieuse.
Exécutés pour la plupart au cours de son séjour à Céret au début des années 1920, sinueux et tourmentés, les paysages de Soutine semblent danser.
Sous les pinceaux de l'artiste, le monde, en proie à l'instabilité, tangue. L'harmonie y règne malgré tout et, à l'instar de Van Gogh et des peintres expressionnistes allemands, Soutine y livre une conception du cosmos empreinte de panthéisme.
La Maison de BerlioLa « maison de Berlioz» se situait à Montmartre, à l'angle de la rue Saint-Vincent et de la rue du Mont-Cenis.
Le compositeur Hector Berlioz y a habité de 1834 à 1837 puis le peintre Georges Braque y a installé son atelier en 1911.
L'œuvre, très géométrique, est l'une des plus austères du peintre et emblématique de sa période blanche. Le seule note colorée est le drapeau français, sur la droite, a probablement été ajouté après la déclaration de guerre, à l'été 1914.
Cette toile colorée est dans la veine de ses œuvres des années 1920, avec des personnages descendant la rue du Mont-Cenis, sur la butte Montmartre à Paris.
On reconnaît sur la droite le campanile de la basilique du Sacré-Cœur et, à gauche, la « maison Bernot», marchands de charbon.
Utrillo a réalisé cette toile alors qu'il résidait dans l'Ain, loin de la capitale. Une carte postale a probablement servi de source pour cette composition empreinte de nostalgie pour son quartier bien-aimé.
Après cette collection, je suis descendue pour voir les salles ovales dédiées aux Nymphéas de Monet et que j'avais visitées autrefois, mais la foule était plus que dense et il n'a pas été question de la contemplation préconisée.
Je me suis contentée d'attraper au vol les rares panneaux devant lesquels personne ne prenait d'interminables poses avantageuses pour se faire photographie...
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