La villa del Balbianello fut construite en 1787 sur les ruines d'un couvent franciscain du 13e siècle par le richissime cardinal de Milan Ange-Marie Durini.
Il y fit construire la « loggia » au sommet qui offre une vue panoramique sur les Alpes et sur le lac. Il dessina le jardin raffiné en terrasse sur un domaine de treize hectares, constitué de balustrades à flanc de roche avec pelouses, haies, platanes taillés en chandeliers, cyprès, glycines...
La propriété fut vendue en 1796 aux familles aristocratiques Porro-Lambertenghi puis Arconati-Visconti qui enrichirent la villa.
Après la Première Guerre mondiale, la villa fut achetée par l'ingénieur et homme d'affaires américain Butler Ames qui la fit entièrement restaurer.
À la fin des années 1970, ses héritiers la vendirent au comte explorateur Guido Monzino.
Il fut le premier Italien à vaincre l'Everest en 1973 et dirigea de nombreuses expéditions au pôle Nord, en Patagonie, au Kilimandjaro, au Pakistan ou encore au Groenland.
Guido Monzino apporta à la villa ses luxueuses collections d’art, dont sa collection de gravures du lac de Côme des 18e et 19e siècles, ses souvenirs de voyages, une riche collection d'objets de diverses civilisations, et une bibliothèque de quatre mille ouvrages liés à ses expéditions.
En 1988, la villa a été finalement léguée à la fondation FAI (Fondo per l'Ambiente Italiano/Fonds italien pour la protection de l’environnement) et ouverte au public.
La prise de vue n'a pas été facile car l'endroit est très visité car les jardins ont servi de décor pour les films Star Wars, épisode II : L’Attaque des clones de George Lucas et James Bond : Casino royale de Martin Campbell
Pour couronner le tout, il y a tous les zozos qui se photographient, sans fin, dans les endroits les plus beaux.
Après avoir fait preuve d'une patience qui mériterait une médaille, j'ai pu enfin prendre une photographie de la loggia dégagée et voir qu'il y a deux portes latérales.
Celle de gauche mène à un bureau.
La porte de droite ouvre sur une impressionnante bibliothèque, avec un beau coffre-fort ancien avec serrures à malice.
Aucune échelle n'est visible pour accéder aux livres en mezzanine mais il y a une astuce cachée derrière une boiserie : un petit escalier.
Une autre boiserie dissimule un passage secret qui mène jusqu'à la maison...
La villa est à flanc de colline et la visite se fait du haut en bas.
Il y a malheureusement trop de monde pour se permettre de s'arrêter sur les détails alors qu'il y a une quantité incroyable d'objets d'intérêt : mobilier raffiné, statuettes, peintures...
J'ai trouvé astucieux et esthétique le système pour signifier aux visiteurs de ne pas s'asseoir sur le mobilier du musée.
Il y a une époustouflante collection de statuettes anciennes de civilisations de tous les continents.
Leur disposition est sans classement et sans cartels, ce qui rend le tout fascinant parce qu'on ne sait plus où donner de la tête pour identifier leur provenance.
Malheureusement, comme l'accès est limité, il est impossible de tout photographier.
A l'étage, le musée des expéditions créé par Monzino lest constitué de drapeaux de photographies, d’objets et de récompenses qui retracent l’histoire des 21 expéditions qu'il a menées en Afrique, au Groenland, dans les Andes, au Karakoroum, dans l’Himalaya et au cercle polaire.
Parmi les nombreuses entreprises de Monzino, se distingue l'expédition de 1971 au pôle Nord, menée avec trente guides inuits et trois cents chiens polaires tirant vingt-cinq traîneaux encore faits de bois de noyer et de sangles de cuir, avec une peau d'ours, comme le spécimen personnel de Monzino placé au centre de la pièce.
L'exposition comprend la plus grande collection d’ivoire de morse taillé inuit en dehors du Groenland.
Les pièces étaient des cadeaux de la part d’amis du peuple arctique.
La villa comporte un grande quantité de tableaux en peinture sur verre inversé est connue en Occident depuis l'Antiquité.
Qualifiée d'« art savant », c'est au cours de la Renaissance que cette forme d'art atteignit son apogée en ce que les compositions devinrent très élaborées, les coloris harmonieux, la virtuosité de la technique étourdissante.
Jusque là réservée à une élite d'artistes, la peinture sur verre inversé s'est largement diffusée et deviendra un art populaire en Europe lors de la seconde moitié du 18e siècle. La production en série se propagea et un commerce parfaitement organisé perdura jusqu'à la fin du 19e siècle.
A cause des conditions d'éclairage, je n'ai pu photographier que les deux exemplaires ci-dessous, alors qu'il y avait plein de styles différents : scènes de guerre, paysages, vie quotidienne et même... scènes coquines.
Alors que sur une toile on esquisse la composition à grands traits pour ensuite exécuter les aplats de couleur pour terminer graduellement par les détails, on procède ici à l'inverse.
Dans la peinture sur verre inversé, l'artiste commence par les finesses de l'œuvre pour terminer avec les fonds. Ainsi jusqu'au moindre détail, le peintre doit imaginer dès le départ la version définitive de l'image à réaliser sachant bien qu'il devra aussi composer avec un « effet miroir » lors de l'exécution de l'image puisque ce qui est peint à l'envers à droite se trouve à l'endroit à gauche.
Autrefois, l'oeuvre était ensuite cuite pour fixer la peinture, ce qui était une étape très délicate pour trouver la bonne température sans fissurer le verre.
La salle du petit déjeuner a la particularité d'être dans la tour du campanile.
On y trouve un monte-plat et, surtout, le mécanisme de l'horloge du campanile.
Dans le meuble anglais "à la chinoise", il y a ces boules sur socle.
Ce sont en fait des échantillons de pierre qui étaient soumis aux clients pour faire leur choix de décoration.
Je repasse devant la loggia pour une promenade dans le jardin. Là encore, pas de floraison, mais la vue est belle.
La plante qui enlace les colonnes et drape les murs est le ficus pumila (figuier nain ou figuier rampant).
Cette espèce est originaire d'Asie orientale (Chine, Japon, Vietnam) et c'est le climat exceptionnel de cette région, où il ne gèle pas, qui lui permet de vivre ici.
L'orangerie était privatisée pour un mariage donc j'ai mené plus bas ma promenade.
La forme en rond du chêne-vert (Quercus ilex) planté en 1880 est spectaculaire. D'une hauteur de 16 m, l'arbre a un tronc d'une circonférence d'environ 2,70 m.
Le travail de la taille mobilise deux jardiniers en novembre et dure un mois. L’un équipé d'un harnais d'alpiniste monte à l'échelle et taille sur les indications de l’autre à l’aide de grands ciseaux. Celui qui taille n’a aucun recul et doit se laisser guider par l’autre.
/image%2F0569187%2F20210206%2Fob_9f3b61_grenouille.png)
/image%2F0569187%2F20250224%2Fob_cc653f_b10.jpg)
/image%2F0569187%2F20250225%2Fob_a507c3_villa-del-balbnello.jpg)
/image%2F0569187%2F20250225%2Fob_f45e5c_loggia.jpg)
/image%2F0569187%2F20250520%2Fob_073822_loggia.jpg)
/image%2F0569187%2F20250520%2Fob_b61044_loggia-acces.jpg)
/image%2F0569187%2F20250520%2Fob_8d60f9_img-3124-note.png)
/image%2F0569187%2F20250520%2Fob_78122b_img-3098.jpg)