Le Parlement de Bretagne est l’édifice principal du patrimoine de la ville, l’un des symboles forts de l’histoire bretonne.
C'est le siège de la cour d’appel de la région, et le site rennais qui attire un grand nombre de visiteurs chaque année.
Après avoir subi un terrible incendie en 1994, le Parlement de Bretagne accueille de nouveau les séances de justice depuis 1999.
Le site est également ouvert aux touristes, dans le cadre d'une visite-conférence très encadrée, après un contrôle de sécurité.
En 1532, le duché de Bretagne est rattaché au royaume de France. Les fameux mariages des duchesses de Bretagne aux rois de France, Anne avec Charles VIII et Louis XII, puis sa fille Claude avec François 1er ont abouti à ce traité d’union.
Il en découle aussi la décision, en 1554, de créer un parlement de Bretagne pour traiter d'affaires d'ordre judiciaire ou fiscal.
La guide a fourni énormément d'informations sur le fonctionnement de la justice mais je n'ai pas pris de notes donc je me contenterai de vous montrer le bâtiment.
La construction du Palais a débuté en 1615 pour s'achever en 1655 selon les plans de l’architecte Salomon de Brosse, à qui on doit le Palais du Luxembourg à Paris.
S’il a perdu ses prérogatives politiques à la Révolution française, le Parlement de Bretagne est depuis 1804 le siège de la Cour d’appel de justice.
En février 1994, le prix du poisson s’étant effondré, les marins-pêcheurs ont manifesté leur colère lors de la venue du Premier ministre Balladur. Ils ont lancé des fusées de détresse, utilisées sur les bateaux, dont certaines ont atteint le toit du bâtiment.
Dans la nuit du 4 au 5 février, un feu s'est déclaré. La toiture et la charpente ont cédé, entraînant la destruction du bureau du procureur général, de la bibliothèque et des milliers de dossiers.
Le traumatisme a été terrible, mais après 5 ans de travaux, le Parlement de Bretagne a rouvert ses portes en 1999, remarquablement restauré.
On accède à la première salle par une porte monumentale représentant la Justice, symbolisée par une balance, et la Force, portant une massue.
La salle des pas-perdus a été entièrement refaite à la suite de l'incendie de 1994.
C’était à l'origine une salle d'attente mais désormais juste un lieu de passage vers les autres parties du palais.
C’est une très grande pièce de 36 m de long sur 12 m de large.
La voûte formant le plafond culmine à treize mètres de haut et repose sur des pieds de sept mètres surmontés d’une corniche corinthienne.
Au centre, une représentation des armoiries du royaume de France et de la Bretagne encadrés par dix génies et les symboles du Saint-Esprit symbolise à nouveau l’union de la Bretagne à la France.
Épargnée des flammes grâce à un lit de briques réfractaires placé sous la charpente, la Grand’Chambre avec son plafond à caissons constitue un véritable joyau.
Le plafond à caissons et toutes les peintures le composant été conçu par Charles Errard, peintre de Louis XIV, en juin 1656 : il a fourni des dessins pour l'ensemble du décor et des tapisseries. Artiste phare de l’époque, il a participé notamment aux décors du premier Versailles.
Néanmoins, c'est Noël Coypel qui s'est occupé de la réalisation de la totalité des peintures Elles sont arrivées par bateau de Paris à Rennes en 1662 et l'ensemble du plafond a été achevé en 1665.
Au fond de la salle, l'unique tapisserie rescapée de l'incendie de 1994 représente la mort du connétable Du Guesclin.
En 1997, pour comble de malheur, dans l'atelier Bobin où la moitié des tapisseries avait été envoyée pour restauration, un incendie les a anéanties complètement.
L'autre moitié des tapisseries préservées est pour l'heure conservée au Mobilier national.
Dans la Grand'chambre, deux loges avaient été aménagées spécialement en cas de visites royales mais elle n'ont finalement jamais été utilisées.
Les tapisseries d'époque 1900 retraçaient l'histoire de la Bretagne et réalisées d'après les cartons d'Édouard Toudouze et Auguste-François Gorguet par la manufacture des Gobelins.
Quand les originaux ont été réduits en cendres, Guillaume Kazerouni, responsable des collections anciennes au Musée des beaux-arts a mené un travail acharné dans les réserves du Mobilier national pour retrouver les cartons, parfois roulés ou pliés parmi des milliers d’autres. Celui du mariage d’Anne de Bretagne, peint par Edouard Toudouze, a finalement été retrouvé dans un grenier de la Préfecture.
Restauré et monté sur un châssis, il a retrouvé sa place un peu plus d’un siècle après y avoir été installé une première fois en 1901.
La Salle des Enquêtes est aujourd'hui la deuxième chambre civile de la cour d'appel.
Le décor fut exécuté par Louis Ferdinand Elle le Jeune choisi par les parlementaires en 1706, bien que les menuiseries en place, exécutées par le menuisier Pierre Dumesnil et le sculpteur Français Gillet à partir de 1669, aient demandé au peintre une adaptation un peu complexe
Cette salle possède une horloge du 18e siècle toujours en état de marche, mais arrêtée pendant les procès pour ne pas perturber l'audience.
La cheminée est ornée d'un tableau représentant La Chalotais, procureur général du Parlement à la fin du 18e siècle et défenseur des droits de la province de Bretagne contre le pouvoir royal.
La salle Félix-Armand Jobbé-Duval est actuellement la salle de réunion 102.
Elle fut l'ancienne chancellerie et le greffe des présentations du temps de Salomon de Brosse, puis la troisième chambre civile avant l'incendie.
C'est la dernière salle à avoir été décorée par Félix-Armand Jobbé-Duval au milieu du 19e.
Cet artiste rennais se démarqua en peignant un Triomphe de la Vérité comme décoration centrale, ce qui est révélateur de l'influence des Lumières.
Une oeuvre représente Jésus crucifié.
Elle est conservée à titre de patrimoine mais la justice étant désormais laïque, elle est masquée quand ont lieu des débats judiciaires.
La salle de la cour d'assises est plus sobre que les précédentes. Les décorations du plafond représentent simplement un ciel parsemé de nuages.
La salle a de plus été équipée pour répondre aux besoins de sa fonction actuelle, avec des caméras et une vitre blindée protègeant l'emplacement de l'accusé.
Des loges fermées par une grille servaient autrefois aux greffiers ou aux observateurs voulant rester secrets.
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