Mon séjour à Rennes a été bref, après avoir visité le Mont Saint-Michel, mais j'ai essayé d'en tirer le meilleur parti.
Le temps était mitigé et ma perception de la ville aussi. J'ai trouvé mal préservé le patrimoine architectural que sont les maisons en pans de bois, et très hétéroclite le reste des constructions.
Il n'empêche que j'y ai eu de bons moments, et en particulier autour d'un verre avec une copine rennaise.
La première chose que j'ai vue, c'est la façade de la gare, très belle et si longue que je n'ai pas pu la saisir en une seule image.
Une fois ma valise posée à l'hôtel, je me suis promenée dans les rues au gré de l'humeur pentre la visite du Musée des Beaux-Arts et celle de la cathédrale Saint-Pierre.
Devant le lycée Emile Zola, il y a un gros... radis ! Ma copine me l'a montré ainsi que le suivant.
Ce radis urbain est un leitmotiv d'Ar Furlukin
Le coeur de la vieille ville est la place Sainte-Anne, très vivante avec ses cafés.
L'office du tourisme est dans l'ancien couvent des Jacobins et j'en ai profité pour aller voir son cloître qui s'est avéré transformé en cours de récréation pour usagers de lunettes à réalité virtuelle.
Bien que le centre en zone piétonne soit petit, il est desservi par une navette gratuite aux allures de jouet.
A la Ty Anna Tavarn, par chance, il y avait de la place en terrasse.
A priori, c'est un bar plutôt festif, avec des concerts, mais je suis arrivée trop tard pour ça.
En revanche, c'était le bon moment pour une bière.
Comme la commande se fait au comptoir, j'ai bien ri en passant la porte : j'ai baissé instinctivement la tête alors que le panneau d'avertissement devait être placé au moins 30 cm plus haut qu'elle.
Le panneau au-dessus du bar, lui, m'a rendue perplexe.
J'ai connu un bar qui refusait de servir du pastis parce que le patron n'en supportait pas l'odeur mais dans ce cas, la liste était très hétéroclite.
En attendant qu'on me serve, j'ai joué à "Cherchez l'intrus".
Bien évidemment, j'ai interrogé le serveur (coupe au bol, tatouages, anneau dans le nez ; je ne sais toujours pas comment s'appelle ce style).
Q. : "Pourquoi ne servez-vous pas ce qui est listé ?"
R. : "Ben... Parce qu'on n'en sert pas.... On ne sert pas de trucs forts"
Q : "Pourtant, il y a dans la liste des choses sans alcool, et vous servez bien par ailleurs du rhum, de la vodka, du whisky ?"
R. : "..."
Je sais que, depuis des années la liqueur Jägermeister est devenue culte, mélangée à une boisson énergisante, pour la confection du "Jägerbomb". C'est associé à une augmentation de la consommation d'alcool.
Q. : "Est-ce pour éviter les clients qui veulent se mettre chiffon ?"
R. : "Oui, c'est ça" et son collègue d'intervenir "Oui, on n'aime pas ça, les chiffons"
Après recherche, l’embuscade est un cocktail à base de bière blonde, vin blanc du Calvados, vieux Calvados, sirop de cassis et jus de citron. Très prisé des étudiants, il a été créé dans les années 1990, rue Écuyère à Caen, surnommée “la rue de la soif” et titre à environ 13°. L’embuscade s'est propagée dans de nombreux bars de Normandie et a fait son succès auprès des touristes. Son nom vient de ce que goût sucré masque le degré d'alcool et se boit (trop) aisément.
En revanche, si le mojito à base de rhum blanc titre à 18°, le spritz n'excède guère 10°. J'en déduis que les boissons à la mode sont des prétextes à en abuser.
Pour ma part, j'ai choisi une bière bretonne, la Telhouët blonde, très fine, dont les 6° ne risquaient pas de me mettre chiffon !
La maison qui suit date du 16e siècle. Elle est appelée à tort "maison du Guesclin" puisqu'elle ne fut construite que deux siècles après la mort du connétable.
Il s'agissait au départ de deux maisons contiguës qui servaient de logis aux deux chapelains responsables de la cathédrale. A la révolution, le lot fut revendu à des particuliers en tant que bien national et devint un commerce.
Elle va être rénovée mais à ma grande surprise, ce bâtiment historique était occupé très récemment par un bar !
La porte Mordelaise est un châtelet d'entrée, vestige des remparts de Rennes.
Son emplacement date du 3e siècle, à la création des premiers remparts, mais son architecture date essentiellement du 15e siècle. Il s’agissait de l’entrée principale de la ville de Rennes.
La porte tient son nom de la ville de Mordelles, fief important dès le 11e siècle vers lequel donne cette entrée.
Elle servait d'entrée pour les cortèges et son pont-levis permettait une double protection contre les attaques.
J'ai appris qu'il y a pas mal d'Art déco à Rennes mais durant mon bref passage, je n'en ai vu que deux exemples.
L'immeuble Poirier a été construit en 1928 par l'architecte Jean Poirier qui a construit plusieurs autres bâtiments de logements à Rennes entre 1928 et 1936.
Les mosaïques sont d'Isidore Odorico.
Par hasard, je suis arrivée à la piscine Saint-Georges, inaugurée en 1926 et dont les mosaïques sont aussi d'Odorico.
Ma déception a été cruelle quand j'ai trouvé porte close : fermer une piscine quand les enfants sont en vacances scolaires, c'est plutôt saugrenu.
Comme je n'ai pas pu photographier que l'extérieur, j'ai ajouté deux images institutionnelles de l'intérieur.
De l'abbaye Saint-Georges, du 11e siècle, la Révolution n'a laissé debout qu'un grand corps de logis construit en 1670 sur les ordres de l'abbesse Magdelaine de Lafayette.
Remarquable par la simplicité de ses lignes, le bâtiment abrite désormais des services de la Ville. Devant lui, le petit jardin Saint-Georges offre un peu de calme.
Je n'aime pas les crêpes qui pour moi sont un truc mou qui, a la rigueur, peut se manger en goûter avec du sucre et du citron. Quant à celles garnies de tout et n'importe quoi, je leur préfère encore une franche pizza.
Malgré tout, étant en Bretagne, je devais sacrifier aux coutumes locales, donc j'ai opté pour la découverte : galette de sarrasin, et lait ribot dont je n'avais aucune idée de ce que ça pouvait être.
Ç'a été une révélation ! Dans sa simplicité, c'était absolument délicieux. Le sarrasin rôti en surface et néanmoins moëlleux était un régal.
Le lait ribot s'est avéré être une boisson fermentée fabriquée directement à partir de lait frais, ce qui lui donne la même légère acidité que le tan, le yaourt délayé à l'eau que boivent les Arméniens.
C'était une agréable façon de terminer mon séjour à Rennes.
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