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Baronne Samedi

Broutilles paraissant le crésudi

L'Hôtel du Libre-Echange - Feydeau/Nordey - Théâtre des Célestins

Publié le 5 Décembre 2025 par Baronne Samedi in Théâtre, Théâtre des Célestins, Lyon

L’œuvre de Georges Feydeau est intimement liée à la Belle Époque et à l’essor de la bourgeoisie de la IIIe République, avide de divertissements et de sorties. Lui-même noctambule, coureur de jupons et passionné de jeux d’argent, Feydeau fait de ses contemporains des sortes de pantins emportés dans la mécanique infernale de l’intrigue.

Il développe tous les mécanismes du comique de situation : coïncidences, rencontres imprévues, coups de théâtre, malentendus poussés jusqu’à la folie.  Il assume souvent la direction d’acteurs de ses pièces et en connaisseur du plateau impose de nouvelles façons de jouer aux acteurs dont les apartés, la connivence et les adresses frontales au public.

Photo (c) Jean-Louis Fernandez

Photo (c) Jean-Louis Fernandez

L’Hôtel du Libre‑Échange, grand succès dès sa création en 1894, illustre parfaitement son style.

Pinglet, entrepreneur en bâtiment marié à une femme peu séduisante, est épris de l'épouse de son associé, l'architecte Paillardin. Celui-ci devant s'absenter, son épouse Mme Paillardin accepte un rendez-vous secret avec Pinglet à l'Hôtel du Libre-Echange.

Ce qu'ils ignorent, c'est que Paillardin s'y trouve également pour expertiser le bâtiment. De plus, personne ne se doute que l'hôtel est aussi le lieu de rendez-vous de la bonne de Pinglet et du neveu de Paillardin. Enfin, personne ne sait que Mathieu, un ami de province descendu à Paris avec ses quatre filles, loge lui aussi à l'hôtel...

Photo (c) Jean-Louis Fernandez

Photo (c) Jean-Louis Fernandez

Stanislas Nordey, qui avait déjà monté La puce à l'oreille, s'empare avec bonheur de la fantaisie et la précision horlogère du maître du vaudeville.

Le décor à transformation est efficace dans sa simplicité : des panneaux pivotants et un éclairage alterné définissent la maison et l'hôtel, où les personnages sont soudains vêtus d'étranges costumes à plumes. 

La troupe, dont chaque membre endosse plusieurs rôles, mène l'action à un train d'enfer, rendant crédibles les plus invraisemblables quiproquos jusqu'au final stupéfiant !

Photo (c) Jean-Louis Fernandez

Photo (c) Jean-Louis Fernandez

Si chaque rôle était porté avec allant, j'ai été particulièrement emballée par le jeu de Cyril Bothorel dont la voix, tout autant que son allure d'échassier, ont fait merveille dans les effets comiques de M. Pinglet

Dans les éclats de rire du public, j'ai été étonnée d'entendre ceux de lycéens dont je n'aurais pas pensé qu'ils appréhendent le vaudeville. C'est dire combien Feydeau sait ficeler une histoire. 

C'était un grand moment de plaisir, d'autant que la comédie se fait rare au théâtre à Lyon, et je riais encore toute seule en rentrant chez moi. 

L'Hôtel du Libre-Echange au Théâtre des Célestins de Lyon

Texte Georges Feydeau Mise en scène Stanislas Nordey
Collaboration artistique Claire Ingrid Cottanceau
Scénographie Emmanuel Clolus
Lumière Philippe Berthomé Costumes Raoul Fernandez
Chorégraphie Loïc Touzé, Nina Vallon Musique Olivier Mellano
Avec la voix de Raoul Fernandez

Interprètes Hélène Alexandridis (Mme Pinglet, un agent), Alexandra Blajovici (fille de Mathieu), Cyril Bothorel (M. Pinglet), Marie Cariès (Mme Paillardin), Claude Duparfait (M. Paillardin, un commissionnaire), Olivier Dupuy (Chervet, le commissaire, un commissionnaire), Raoul Fernandez (Bastien), Damien Gabriac (Maxime le neveu de M. Paillardin, Boulot, un commissionnaire),  Anaïs Muller (Victoire la femme de chambre de M. Pinglet, un agent), Ysanis Padonou (fille de Mathieu), Sarah Plume (fille de Mathieu), Tatia Tsuladze (fille de Mathieu, la Dame), Laurent Ziserman (Mathieu, Ernest).

Durée 2h55 (entracte inclus)

 

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L
Les plumes sont peut-être une référence aux cocottes, cocodès et cocodette de l'époque !
Répondre
B
Probablement... Et le fond de scène était souvent une immense photographie de la face d'une autruche 😁