Fondé en 2024, dirigé par le danseur étoile et chorégraphe José Martinez, le Junior Ballet de l’Opéra national de Paris a pour vocation de diversifier les profils des danseurs, favoriser leur insertion professionnelle, renforcer l'ouverture aux publics grâce à des tournées et actions de médiation, tout en perpétuant le savoir-faire tricentenaire de l’Opéra de Paris.
Alors que la tradition de l'Opéra de Paris est de modeler ses propres danseurs, afin qu'ils acquièrent le style français, José Martinez souhaite introduire de la diversité dans le Ballet en recevant des élèves venus d'ailleurs. Néanmoins, aujourd'hui presque la moitié des dix-huit jeunes danseurs venus du monde entier ont été formés à l'École de Opéra, ou y ont passé une ou deux années.
Pour ce spectacle, les jeunes prodiges déploient l’excellence de cette institution dans un programme de quatre pièces aux esthétiques classiques et néo-classiques.
La première est Allegro Brillante de George Balanchine, dans lequel se déploie, une chorégraphie difficile avec de nombreux changements de direction. Solistes? duos ou corps de ballet, la danse est fluide, avec des épaulements expressifs, des pirouettes, des sauts et des portés pleins de grâce.
Il y a d'ailleurs dans les musculatures juvéniles, une douceur différente de l'aspect sec, voire tendineux, des danseuses et danseurs expérimentés.
De son Cantate 51, Maurice Béjart disait "La joie qui éclate dans la partition de Jean-Sébastien Bach nous propose le thème de l'Annonciation. L'ange apparaît à Marie et lui prédit la naissance d'un fils, incarnation divine qui dynamise l'univers transfiguré comme cette musique qui depasse l'humain."
J'avoue ne pas avoir été emportée par cette chorégraphie aux mouvements presque gymniques du duo. Il n'en reste pas moins que l'harmonie et la précision étaient au rendez-vous.
Requiem for a Rose d’Annabelle López Ochoa était, par contraste, délicieusement baroque. La pièce ouvre avec un solo moderne de danseuse aux cheveux dénoués, paraissant nue dans un académique couleur chair et avec une rose entre les dents.
La troupe la rejoint enchaînant des mouvements complexes, pour lesquels les hommes, torse nu, et les femmes en justaucorps également couleur chair, portent la même jupe de satin grenat, s'épanouissant dans les pirouettes.
L'ensemble était fascinant !
Enfin, Mi Favorita de José Martinez, rend hommage à ses influences de Marius Petipa à William Forsythe en passant par Fred Astaire.
La chorégraphie permet de donner aux interprètes de montrer leur virtuosité, dans un ballet classique qui fait la part belle aux hommes, avec de nombreux sauts et batteries.
Mais peu à peu, des moments comiques s'infiltrent dans le raffinement de l'ensemble : la fausse blessure d'une ballerine laisse son partenaire tout seul en plein désarroi, un bouquet de fleurs lancé sur scène par un admirateur est balancé en coulisse par une danseuse indifférente, des danseurs cabotinent pour réclamer des applaudissements...
C'était un final parfait pour une représentation de choix et c'était émouvant de voir dans leur prime jeunesse celles et ceux qui seront peut-être des étoiles de l'Opéra de Paris.
C'est une chance que la Maison de la Danse, connue pour être à l'affût des découvertes contemporaines, garde sa scène ouverte aux approches plus classiques.
Allegro Brillante • Création 1956 • 10 interprètes
Chorégraphie George Balanchine Musique Piotr Ilitch Tchaïkovski Costumes Barbara Karinska
Cantate 51 • Création 1996 • 8 interprètes
Chorégraphie Maurice Béjart Musique Jean-Sébastien Bach Costumes Joëlle Roustan et Roger Bernard
Requiem for a Rose • Création 2011 • 13 interprètes
Chorégraphie Anabelle López Ochoa Musique Franz Schubert Environnement sonore Almar Kok Costumes Tatyana van Walsum
Mi favorita • Création 2002 • 18 interprètes
Chorégraphie José Martinez Musique Gaetano Donizetti Costumes Agnès Letestu
Crédit photographique Julien Benhamou / OnP
Le Junior Ballet de l’Opéra national de Paris n’aurait pu voir le jour sans la mobilisation de généreux mécènes qui en assurent le financement. L’Association pour le Rayonnement de l’Opéra national de Paris et l’Opéra national de Paris tiennent à leur adresser leurs plus vifs remerciements. Leur contribution permet à l’institution de donner vie à un projet d’envergure, porté par la conviction, partagée par ces mécènes, que chacun a sa place à l’Opéra et que ce dernier appartient à tous. Le Junior Ballet bénéficie du soutien exceptionnel de Chanel (Mécène fondateur de Junior Ballet) et du généreux concours de la Fondation BNP Paribas (Mécène des actions de l’Opéra national de Paris en faveur des jeunes) ; Kinoshita Group (Grand partenaire de l’Opéra national de Paris).
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