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Baronne Samedi

Broutilles paraissant le crésudi

Venise - La Biennale Arte 2026 - Giardini

Publié le 22 Septembre 2026 par Baronne Samedi in Expo temporaire, Venise

Venise - La Biennale Arte 2026 - Giardini

La Biennale de Venise (en italien : Biennale di Venezia) est une fondation italienne qui organise différents événements : manifestation d'art contemporain, de théâtre, de danse, de musique, d'architecture et de cinéma dans Venise. Les lieux principaux sont les Giardini, l'Arsenal et le Lido (Mostra Cinema).  

«Biennale Arte» est couramment utilisé pour désigner spécifiquement l'exposition internationale d'art contemporain.

Elle est considérée comme une des plus prestigieuses manifestations artistiques dans le monde. C'est aussi une des plus anciennes puisqu'elle se tint pour la première fois en 1895 en tant qu'«Exposition internationale d'Art de la Cité de Venise».  

J'ai commencé la visite par le site des Giardini. Ma sélection d'images est restreinte car certaines expositions  comportaient essentiellement des écrans, des installations sonores ou étaient presque plongées dans l'obscurité. En outre, la densité de visiteurs et les limites de protection des oeuvres ne favorisaient pas prises de vue, sans oublier que certains pavillons étaient fermés et qu'il y avait des choses que j'ai trouvé moches ou sans intérêt.  

Venise - La Biennale Arte 2026 - Giardini
Venise - La Biennale Arte 2026 - Giardini
Venise - La Biennale Arte 2026 - Giardini
Venise - La Biennale Arte 2026 - Giardini
Venise - La Biennale Arte 2026 - Giardini

Los restos  transforme le pavillon espagnol en un musée de substitution articulé autour de l’accumulation, de la répétition, de la mémoire et d’une subtile déviation. Conçu par Oriol Vilanova, le projet découle d’une pratique artistique façonnée par un acte soutenu et presque obsessionnel de collection de cartes postales, une activité que l’artiste poursuit depuis plus de vingt ans dans les marchés aux puces et les brocantes.  

 Arrachées à leur destination d’origine, elles réintègrent le système en tant que résidus d’une expérience vécue. Dans *Los restos*, ces matériaux ne servent plus à représenter des lieux ou des monuments, mais témoignent, avec fragilité, de la façon dont la mémoire va et vient.

Renonçant à une mise en scène monumentale, Vilanova met en avant des gestes soutenus de collecte comme moyen de réfléchir à ce qui subsiste lorsque les histoires sont filtrées à travers des matériaux ordinaires.

Venise - La Biennale Arte 2026 - GiardiniVenise - La Biennale Arte 2026 - Giardini
Venise - La Biennale Arte 2026 - Giardini
Venise - La Biennale Arte 2026 - Giardini

Avec IT NEVER SSST, Miet Warlop transforme le pavillon belge en une arène chargée d’énergie où se rencontrent langage, musique et désorientation collective. Des mots en plâtre circulent dans l’espace, des tambours mécaniques résonnent parfois ou une baguette brisque une cymbale, en plâtre aussi.  Il y a périodiquement des performances de musiciens et danseurs mais pas lors de mon passage. 

 Dispersés sur des tribunes qui grimpent le long des murs, les mots restent figés dans le temps. Tels les vestiges d’un mur de prières ou d’un karaoké issu d’une civilisation disparue, ils attendent de nouvelles voix en quête de lien humain.

Venise - La Biennale Arte 2026 - Giardini
Venise - La Biennale Arte 2026 - Giardini
Le pavillon principal

Le pavillon principal

En tant que Grand Chef de la tribu des « Young Seminole Hunter », Demond Melancon est une figure centrale de la culture du « Black Masking » à La Nouvelle-Orléans. Cette tradition trouve son origine dans les pratiques cérémonielles apportées par les Africains réduits en esclavage aux Amériques, probablement influencées par leurs rencontres avec les peuples autochtones.

Dans sa forme actuelle, la culture du « Black Masking » se compose de défilés rituels, de cérémonies et de célébrations publiques, qui constituent une expression de la résilience communautaire. Chaque tribu est dirigée par un Grand Chef qui apparaît vêtu d’un costume d’apparat minutieusement confectionné lors du « Fat Tuesday », à la fin de la saison du Mardi Gras. Méticuleusement assemblés à partir de perles de verre, ces costumes sont des objets sculpturaux uniques et, à l’instar de ceux utilisés dans les mascarades d’Afrique de l’Ouest, ils prennent vie à travers la danse et la performance. Les tribus rivalisent pour créer la plus belle création.

Venise - La Biennale Arte 2026 - Giardini
Venise - La Biennale Arte 2026 - Giardini

Les assemblages resplendissants d’Ebony G. Patterson constituent un riche répertoire d’éléments décoratifs envoûtants qui s’assemblent en compositions d’une densité saisissante.  Mais les matériaux sont aussi les débris du consumérisme qui sont déversés dans les économies du Sud. Ses installations rassemblent des éléments tels que des tapisseries jacquard, de la dentelle, des pompons, des perles, des plantes en verre, des coquilles de conque, de la feuille d’or, des paillettes et bien d’autres encore.

La pratique de Patterson, qui s’étend à la peinture, à la photographie, à la vidéo et à la performance, est un dialogue entre intimité et cérémonie, deuil et renouveau. Son art se fait le porte-parole d’une génération caribéenne contrainte de se forger un sens non seulement au milieu des décombres de la colonie, mais aussi face aux déceptions de l’État-nation postcolonial. Qu’attend-on de nous après le pillage ?

Venise - La Biennale Arte 2026 - Giardini
Venise - La Biennale Arte 2026 - Giardini
Venise - La Biennale Arte 2026 - Giardini
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«Le Conseil des esprits mères des animau » est une installation composée de sculptures en céramique zoomorphes réalisées par l’artiste et militante Celia Vásquez Yui. L’œuvre fait référence à une conception spirituelle de l’écologie, selon laquelle chaque espèce est dotée d’un esprit mère. Un rassemblement de créatures de la forêt sur une estrade évoque un rassemblement rituel, ou une chambre parlementaire, faisant allusion à la communication entre les espèces et revendiquant les droits de la nature.

Les figures soutiennent le regard du spectateur avec une énergie curieuse. Cette réciprocité reflète une caractéristique déterminante de la production matérielle des Shipibo, le groupe autochtone de l’Amazonie péruvienne auquel appartient Vásquez Yui, où regarder l’art implique également que l’art puisse agir en retour. Cette possibilité découle des pouvoirs du kené, leur langage visuel distinctif doté de qualités optiques censées déclencher de subtiles transformations chez celui qui le perçoit, fonctionnant comme une «médecine par le design». Vásquez Yui se considère comme une chamane. Cependant, son objectif n’est pas de soigner l’individu, mais plutôt de veiller à la santé collective et environnementale.

Vásquez Yui ne se contente pas de fabriquer des pots. Ses récipients, réalisés à partir de matériaux provenant de sites distants de plusieurs centaines de kilomètres le long du fleuve Ucayali, sont des cartes du territoire ancestral qui est au cœur de la lutte des Shipibo pour leur souveraineté en tant que nation autochtone.

Venise - La Biennale Arte 2026 - Giardini
Photo (c) Biennale

Photo (c) Biennale

Au cœur de la pratique artistique de Daniel Lind-Ramos se trouvent des assemblages à grande échelle d’objets trouvés, souvent offerts par des amis et des voisins, ou ceux qu’il découvre après le passage d’un ouragan, lorsqu’ils sont projetés en désordre dans des environnements où ils n’ont pas nécessairement leur place.

Ses œuvres racontent des fils historiques qui s’entremêlent : celui de la terre protégeant les gens du régime des plantations, et celui des gens protégeant la terre de la terreur écologique indissociable de ce même régime. Dans les figures de Lind-Ramos, on perçoit le double besoin de préserver l’environnement et de préserver la vie des Noirs, à travers des assemblages qui célèbrent la vie face à la mort.

Venise - La Biennale Arte 2026 - Giardini
Venise - La Biennale Arte 2026 - Giardini

Dans la pratique artistique de Sammy Baloji, l’exploitation des ressources naturelles au Congo sert de prisme à travers lequel il examine les répercussions du colonialisme.  

Baloji associe des images tirées de catalogues ethnographiques et d’autres sources à ses propres schémas de cristaux minéraux et à des numérisations d’objets congolais conservés dans des musées ethnographiques. Selon lui, la numérisation de ces sculptures relève d’une forme de voyeurisme scientifique : les informations qu’elle révèle ne peuvent compenser la perte de sens subie par ces objets lorsqu’ils ont été arrachés à leur contexte.

"Classification II: Notes Analytiques sur les Collections Ethnographiques du Musée du Congo, Tome l. - Fascicule II. La Religion, Fétiches (figures) nr. 535, 2026" avec sculpture en bronze

"Classification II: Notes Analytiques sur les Collections Ethnographiques du Musée du Congo, Tome l. - Fascicule II. La Religion, Fétiches (figures) nr. 535, 2026" avec sculpture en bronze

La pratique artistique de Kaloki Nyamai entremêle mémoire personnelle, héritage intergénérationnel et tensions sociopolitiques qui façonnent l’Afrique de l’Est contemporaine, en particulier sa région natale de Kitui, au Kenya.

Il cite les récits de sa grand-mère et le savoir-faire de sa mère, artiste textile, comme des portes d’accès à son héritage kamba. Ces influences transparaissent dans la grammaire tactile de ses toiles, assemblées à partir de corde, de sisal, de papier journal, de tissu, de transferts photographiques et de fil. Nyamai crée des scènes qui évoquent souvent des situations domestiques empreintes de tendresse.

Récemment, il s’est davantage intéressé à la vie politique kenyane et  à ses cycles persistants de violence d’État, bien que de manière allégorique. La couture devient une métaphore non seulement de la réparation, mais aussi du maintien ensemble des contradictions : beauté et brutalité, mémoire et oubli, souffrance et espoir.

Venise - La Biennale Arte 2026 - Giardini
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Werewere Liking est une artiste et chercheuse originaire du Cameroun, mais installée en Côte d’Ivoire depuis plus de quarante ans. Sa pratique englobe l’écriture, notamment la poésie, le théâtre, les essais et la théorie critique–, la peinture, la sculpture, le dessin et la performance, incarnant ainsi la définition de l’art total.

La pratique de Liking fonctionne comme une boussole cosmique qui ouvre des champs vibratoires entre le spirituel et le terrestre. Les sculptures réalisées en bois et à partir d’objets glanés, recyclés et réutilisés, sont des corps animés, porteurs de mémoire et de fables.  

Dans un autre registre, Lampedusa (2019) dépeint une scène chaotique se déroulant dans les eaux de la Méditerranée, où des personnes se noient. Ici, Liking dénonce les inégalités politiques découlant de ce qu’on appelle la migration illégale, l’eau se transformant en cimetière pour des milliers de corps noirs en quête d’espoir et d’un avenir meilleur.

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L’œuvre de María Magdalena Campos-Pons intitulée « Anatomie du magnolia pour Koyo Kouoh et Toni Morrison » (2026) est un monument aux allures florales. Huit grands panneaux présentent les portraits de Toni Morrison, première femme noire à avoir remporté le prix Nobel de littérature, et de Koyo Kouoh, première femme africaine à avoir assuré la direction artistique de la Biennale d’art de Venise, tandis que sept sculptures en résine et en verre représentent différentes formes du magnolia, fleur emblématique du Sud des États-Unis. Ancrée dans la solidarité entre femmes noires, l’œuvre met en relation ses sujets au-delà des disciplines, des générations et des frontières géographiques.

Les romans de Morrison sont des lettres d’amour adressées à la vie intérieure des femmes noires, tandis que Kouoh cultive des jardins pour les artistes du Sud qui sont confrontés à ce que Morrison décrivait comme « une terre inflexible » dans The Bluest Eye.

Grâce à l’échelle de l’installation, Campos-Pons opère une inversion discrète, faisant du mineur un majeur. Un paysage sonore de Kamaal Malak traite les basses fréquences comme l’architecture même de la salle... mais il n'était pas audible ici. 

Venise - La Biennale Arte 2026 - Giardini
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Saoudi Aït Khay a commencé à tisser avec de la laine, en teignant son fil avec des pigments naturels provenant des terres environnantes ; elle privilégie l’improvisation dans ses techniques.

Ses tapisseries font écho à ses souvenirs des paysages marocains et tunisiens, à l’héritage amazigh dans lequel le tissage de tapis occupe une place importante ainsi qu’à sa mère, tisserande de tapis et militante politique. 

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Billie Zangew (Afrique du sud) compose des collages complexes à partir de fragments de doupion de soie, représentant des scènes de la vie quotidienne chargées d’émotion. Elle les réalise entièrement à la main, dans un souci de lenteur et de puissance tactile, à partir de chutes provenant principalement de rebut ou de restes. La soie sert à la fois de support et de point central, son grain irrégulier et son éclat changeant conférant à chaque collage une luminosité intense.

Les œuvres de Zangewa abordent la construction de l’identité dans un monde façonné par les inégalités et les attentes, la manière dont les femmes noires affirment leur présence au milieu d’histoires d’effacement, ainsi que la force tranquille de la vie ordinaire. Elles ouvrent un espace où coexistent beauté et vulnérabilité, où le quotidien devient rayonnant, et où l’acte de regarder devient un acte de bienveillance.

Venise - La Biennale Arte 2026 - Giardini
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A ce stade, j'ai bien besoin d'une pause. Heureusement, il y a de quoi se restaurer en terrasse. 

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Le pavillon de Hongrie est ravissant mais l'installaton, très conceptuelle, est  vilaine. 

La notion de «pneuma cosmique» désigne un phénomène qui vitalise et anime notre monde, imprégnant et reliant tout ce qui existe sous la forme de l’air, des soupirs humains aux courants atmosphériques à l’échelle planétaire. L’exposition présente le projet artistique d’Endre Koronczi, fondé sur une recherche fictive, une approche alternative du phénomène des courants d’air.  

Des éléments du système de ventilation retirés du bâtiment classé de l’Académie hongroise des sciences illustrent le parcours Au cours de son exploration du «pneuma cosmique », Koronczi a marché pendant un an afin de trouver et de capturer le soupir le plus important. Le « souffle » du pavillon est représenté sous la forme d’une installation cinétique minimaliste qui repousse les limites de la perceptibilité, invitant le spectateur à une profonde contemplation. L’exposition dans son ensemble est encadrée par l’environnement acoustique in situ du compositeur Máté Balogh.

Bof.

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Les sculptures biomorphiques abstraites d’Alma Allen s’inspirent des vastes paysages et des formations géologiques naturelles des Amériques. À partir de matériaux provenant de ces terres, Allen a créé un corpus d’œuvres qui met en lumière la transformation alchimique de la matière : les strates de roche brute semblent lissées par le passage du temps, et le bronze solide prend l’apparence d’un liquide. Call Me the Breeze explore le concept d’élévation, à la fois comme manifestation physique de la forme et comme symbole d’optimisme collectif et d’épanouissement personnel.

Le processus allie des méthodes de sculpture et de façonnage à la main datant de l’époque pré-industrielle à des technologies de pointe, telles que la sculpture robotisée. Soucieux de l’authenticité des matériaux, il utilise des matériaux locaux, notamment du loupe de noyer américain, de la roche volcanique  Cantera verde  et du marbre blanc Colorado Yule, une pierre lumineuse utilisée pour la construction de plusieurs monuments historiques dont le Mémorial de Lincoln à Washington, DC.

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How Many Angels Can Dance on the Head of a Pin?  aborde le Pavillon des pays nordiques comme un lieu de compression, où l’architecture façonne activement l’expérience. Les œuvres de Tori Wrånes, Klara Kristalova et Benjamin Orlow explorent la manière dont les corps, les matériaux, le son et la mémoire coexistent sous pression.

La transformation est envisagée comme un processus plutôt que comme une conclusion ; les corps se dispersent et se recomposent, les structures restent provisoires, et l’espace devient une condition vécue où les sensations s’accumulent au fil du temps plutôt que de se dissoudre dans la clarté.

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Comme Saturne explore une constellation de gestes et de mots puisés dans la longue histoire du travail textile. Yto Barrada construit une exposition qui se déploie à travers une série d’environnements.

Le titre de l’exposition évoque la double nature de Saturne : à la fois la figure qui dévore ses propres enfants afin de suspendre la génération, et la planète sous l’influence de laquelle les artistes seraient nés.

La méthode artistique de Barrada, fondée sur la consommation et l’érosion, trouve un équivalent matériel direct dans la technique textile du « dévoré », où la matière est sélectivement rongée. Ce geste recèle une mélancolie d’épuisement, en résonance avec un moment d’épuisement politique et écologique.

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La commande de Lubaina Himid, d'origine malgache, pour le pavillon britannique explore la notion d’appartenance et la manière de se sentir chez soi dans un nouvel environnement.

Dans ses peintures monumentales composées de plusieurs panneaux, Himid met en scène des personnages travailleurs  (architectes, constructeurs de bateaux, chefs cuisiniers, tailleurs, jardiniers) qui discutent, débattent et collaborent pour décider s’il vaut mieux partir ou rester.  

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Au cours des deux dernières décennies, Abbas Akhavan a développé une pratique poétique et profondément ancrée dans le lieu. À travers chaque projet, il entame un dialogue prolongé avec un lieu : son architecture, ses dynamiques économiques, ses habitants humains et non humains, ainsi que leurs rythmes.

Les jardins et la matière organique en général,  ainsi que le patrimoine culturel et l’iconographie historique, en particulier la fluidité des symboles à travers l’histoire, les contextes et les conflits, constituent des préoccupations récurrentes et des thèmes fondamentaux de son œuvre.

Pour Entre chien et loup, Akhavan réinvente l’architecture du pavillon du Canada sous la forme d’une caisse de Ward, un précurseur du terrarium utilisé pour transporter des plantes à travers l’Empire britannique.

Doté d’un bassin sur mesure équipé de lampes de culture pour mettre en valeur des nénuphars géants du genre Victoria, le pavillon évoque également le Crystal Palace de Londres de 1851, où cette plante avait été exposée en grande pompe. Originaires d’Amérique du Sud, les nénuphars constituaient une merveille de la nature à l’époque victorienne. Nommés en hommage à la reine, ils sont considérés comme son emblème.

En les présentant à nouveau au sein du pavillon d’un pays du Commonwealth fondé sous le règne de celle dont ils portent le nom, Akhavan offre un espace de méditation permettant de revisiter un moment charnière de l’histoire mondiale et de réfléchir à la manière dont nous nous positionnons aujourd’hui par rapport à nos environnements naturels et bâtis.

Venise - La Biennale Arte 2026 - Giardini
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L'œuvre de Sung Tieu, Human dignity shall be inviolable recouvre la façade du pavillon allemand de plus de trois millions de tesselles de mosaïque. Elle reproduit la structure squelettique d'un immeuble résidentiel socialiste préfabriqué situé à Berlin-Est, où elle a habité et l'un des plus vastes complexes de logements pour travailleurs étrangers sous contrat en RDA, aujourd'hui voué à la démolition.

Le titre fait référence à l'article 1 de la Loi fondamentale allemande, qui proclame que la dignité humaine est un droit inaliénable. En contrepoint de ce principe, l'œuvre révèle le décalage entre les normes juridiques et la réalité vécue dans ce type de foyer, mettant en lumière des histoires d'exclusion, de déplacement et de violences racistes visant les communautés migrantes.

En transposant ce lieu personnel sur l'architecture fasciste du pavillon, Tieu bouscule les récits historiques dominants par le prisme de la mémoire intime. Pourtant, une certaine beauté et une forme de nostalgie persistent, venant perturber l'imbrication de l'architecture dans les structures de pouvoir.

Venise - La Biennale Arte 2026 - Giardini
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Pour l'œuvre They have eyes but they see not, they have ears but they hear not, Sung Tieu a posé huit cents sculptures de coccinelles.

Par leur accumulation, ce qui semblait décoratif prend l'allure d'une invasion, suscitant un malaise latent qui ébranle la promesse contenue dans le motif.  

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Henrike Naumann, née dans l’ancienne Allemagne de l’Est, a exploré les transformations sociales et culturelles qui ont suivi la réunification allemande à travers des installations mêlant mobilier, objets domestiques et son.

Son œuvre a transformé la décoration d’intérieur en un outil critique permettant d’interroger l’identité et l’idéologie, développant une vision de l’espace comme environnement politique et narratif dans lequel chaque objet et chaque perspective contribuent à construire du sens, de la mémoire et des tensions historiques.

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L'installation dans le pavillon du Japon m'a rendue perplexe parce que je suis arrivée par une entrée latérale et j'ai croisé des visiteurs avec de faux bébés dans les bras, sans trouver d'explication. 

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Grass Babies, Moon Babies, né de l’expérience du Japonais Ei Arakawa-Nash en tant qu’artiste et parent, mêle création artistique et parentalité dans une pratique de soins partagés.

Les visiteurs prennent dans leurs bras l’une des 200 poupées avant d’explorer les jardins et les intérieurs, plongés dans une œuvre sonore qui contient les voix des jumeaux de l’artiste, tandis que les écrans projettent des films historiques et contemporains qui remettent en cause les définitions rigides de l’identité « japonaise » à travers une présence diasporique.

Chaque écran est entouré d’« enfants » qui contemplent la valeur de ces témoignages pour l’avenir. Les visiteurs peuvent  accomplir l’acte de bienveillance par excellence : changer les couches des poupées et participer ainsi à un rituel accessible via un code QR, grâce auquel il se voit offrir un poème, généré de manière unique en fonction de la date de naissance de chaque enfant. Les dates d’anniversaire sont tirées d’événements historiques liés principalement au Japon, aux États-Unis et à l’Asie du XXe siècle. Le pavillon d’Arakawa-Nash s’interroge sur la manière dont on peut honorer une nouvelle génération alors que nous, qui en sommes les tuteurs, assumons la tâche des réparations et des réconciliations qui façonnent le monde auquel elle est confrontée.

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Ce n'est qu'en sortant que j'ai vu l'entrée principale avec le point de distribution des poupées. A vrai dire, j'ai trouvé plutôt dérangeant de voir les adultes avec ça dans les bras mais au moins, les "bébés" ne hurlaient pas. 

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Le pavillon russe était fermé par un voile sur lequel étaient projetées des images de concertistes. C'était décevant mais la Russie n'a pas de quoi se vanter, en ce moment. 

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L'idée de l'exposition de Maja Malou Lyse est née d'un appel téléphonique reçu d'une banque de sperme. Le directeur de l'établissement lui avait proposé 20 litres de sperme (un lot de dons inutilisés ne répondant pas aux critères d'acceptation de la banque), souhaitant confier ce matériau biologique à une artiste pour qu'elle en propose une interprétation.

Lyse n'est jamais parvenue à donner une forme définitive à ce matériau ; lassé d'attendre, le directeur a fini par réaliser lui-même une œuvre d'art.

Il est donc  pertinent qu'une impression d'inachèvement plane sur l'œuvre présentée ici. Le sperme lui-même est absent, mais les conteneurs ayant servi à son transport ainsi que les traces narratives subsistent ; ainsi, ce qui manque devient la véritable matière de l'installation.

Les conteneurs cryogéniques sont utilisés pour la garde et le transport de matériel biologique reproductif. Des écrans encastrés dans ces conteneurs diffusent des vidéos de courses de spermatozoïdes.

À l'instar de nombreuses sous-cultures masculines en ligne actuelles, le phénomène des courses de spermatozoïdes tente de transformer la peur de l'inconnu en divertissement et en spectacle médiatique.  

Des études menées par des chercheurs en fertilité ont démontré la vulnérabilité des spermatozoïdes face aux conditions environnementales et aux polluants industriels, ainsi que l'impact des structures du capitalisme contemporain sur la fertilité. Parallèlement, des avancées scientifiques récentes suggèrent que le sperme pourrait ne pas toujours être indispensable à la reproduction : en théorie, n'importe quelle cellule pourrait un jour servir à créer une vie humaine.

Dans cette optique, les conteneurs cryogéniques de l'installation évoquent également les reliquaires du haut Moyen Âge ; ces derniers abritaient les restes de martyrs et étaient censés incarner une présence pérenne, quasi infinie : la possibilité même de la vie.

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Tourné dans une véritable banque de sperme et un studio d'effets spéciaux, le film Things to Come est conçu comme une comédie musicale.

Un groupe d'acteurs et d'actrices de films pornographiques se réunit pour créer une œuvre interrogeant le rôle des images et du désir à l'heure d'une crise de la fertilité.

Le nombre de spermatozoïdes chute, mais il ne s'agit pas seulement d'une crise biologique : c'est une métaphore d'une crise plus vaste, celle de l'espèce humaine, qui tente de comprendre son rôle et sa capacité d'agir alors qu'une époque s'achève et qu'une autre, encore indéfinie, s'installe.

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En 1978, le public suisse a suivi Telearena, une émission-débat où des acteurs jouaient des scènes de la vie homosexuelle masculine pour susciter le débat parmi le public présent en studio.

Lors de l'émission consacrée à l'homosexualité (*Homosexualität*), certains membres du public ont choisi l'anonymat en portant des masques fournis par les producteurs. Pourtant, les voix se sont fait entendre avec insistance, refusant de se placer sur la défensive.

Les conséquences furent durables, voire dévastatrices, entraînant notamment des représailles et des pertes d'emploi. L'émission a également donné lieu à des journées nationales de visibilité et a relié ces luttes aux droits revendiqués par les minorités sexuelles ailleurs dans le monde.

En l'espace d'un an, des militants ont obtenu la suppression des registres d'homosexuels tenus par les forces de police suisses.

Depuis des décennies, la télévision façonne la manière dont une société se perçoit et ce qu'elle reconnaît d'elle-même : qui a sa place dans l'espace public, qui est traité comme un problème à gérer, et qui n'y est pas le bienvenu du tout.

Le projet The Unfinished business of living together est né lorsque six artistes et curateurs ont visionné ce même épisode de Telearena ainsi que Agora, une émission-débat francophone qui a traité de l'homosexualité en 1984 en réunissant, par satellite, des publics en Suisse, en France et au Canada.

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J'ai le temps d'aller visiter le site de l'Arsenal où se trouvent d'autres expositions.

C'est une bonne trotte mais le temps est magnifique et je passe même devant le paradis... 

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