Appartenant l'Académie des Beaux-arts, la maison et les jardins de Claude Monet sont classés monuments historiques depuis 1976.
C'est le lieu le plus visité en Normandie après le Mont Saint-Michel et, croyez-moi, je viens d'en faire la rude expérience.
En 1883, le peintre Claude Monet recherchait une vaste maison à loyer modique à l'écart de Paris, de ses rivalités et de ses ragots, notamment parce qu'il vivait avec une femme mariée, Alice Hoschedé.
En visitant les confins du Vexin, il découvrit, de la fenêtre du train, un petit village de 279 habitants, Giverny. En le visitant, il trouva une « maison de paysan », précédée d'un jardin potager et d'un verger.
L'ensemble clos de murs s'étendait sur 96 ares. Son propriétaire, Louis-Joseph Singeot, consentit à le louer. Monet transforma le jardin, construisit trois serres et acheta, de l'autre côté du chemin du Roy, un terrain. Après bien des difficultés administratives, il fit détourner un bras de l'Epte pour alimenter un étang sur lequel il construisit un pont japonais. En 1890, il acheta la propriété.
Collectionneur de revues horticoles, Monet se montrait perfectionniste pour son jardin, engageant jusqu'à sept jardiniers, dont l'un était, paraît-il, chargé quotidiennement d'enlever les gouttes de pluie ou de rosée sur les nymphéas !
C'est une balade que je voulais faire depuis longtemps... comme les quelque 800 000 visiteurs qui découvrent les lieux en l'espace de sept mois.
Munie d'un billet coupe-file et en avance sur l'heure d'ouverture officielle de 9 h 30, j'ai néanmoins dû faire la queue derrière des groupes dont j'ai découvert qu'ils devaient avoir un accès prioritaire dès 9 h car il y avait déjà foule dans les jardins.
L'ennui des groupes, c'est qu'ils stagnent en bloquant les allées chaque fois que leur oreillette déverse le discours de leur guide.
De plus, le ciel voilé annonçait la pluie, donc j'ai zigzagué férocement pour les dépasser et rallier le site vedette : le bassin aux nymphéas.
L'avantage d'être un petit format, c'est que les costauds ont le réflexe de s'écarter, comme pour un enfant, quand je leur effleure le coude (ça marche aussi dans les fosses de concert pour arriver devant la scène).
L'accès au jardin d'eau se fait par un souterrain qui passe sous la route. A l'époque, Monet devait franchir la voie de chemin de fer et traverser le chemin du Roy.
Et il n'y pas de nymphéas sur l'étang.
Un jardinier m'apprend qu'ils ne fleurissent qu'en juillet-août et, pour me consoler, il m'affirme qu'au moins je visiterai les jardins au calme (!) car à partir de juin, la fréquentation est apocalyptique.
Je me suis dit que j'avais de la chance de ne souffrir que d'une touche d'agoraphobie et de pouvoir continuer la promenade.
Afin d'éviter le piétinement certaines allées ne sont pas accessibles au public mains on peut néanmoins faire le tour complet du jardin pour en admirer toutes les perspectives.
La queue pour entrer dans la maison est longue et je contemple stoïquement les andouilles se tirant le portrait, en tirant la langue (jamais compris pourquoi) ou en photographiant d'autres andouilles tentant des poses de magazine pour un résultat d'un ridicule achevé.
La maison où a vécu Claude Monet de 1883 à 1926 fut réaménagée par ses soins.
Gardant le crépi rose, il la repeignit aux couleurs de sa palette. Les portes et volets sont verts ; la salle à manger est jaune, ornée d'estampes japonaises des 18e et 19e siècles à la dominante bleue ; les murs de la cuisine sont carrelés de faïence bleu et blanc en céramique de Rouen, et les meubles sont laqués en bleu ciel.
La maison est un enchevêtrements de petites pièces qu'on doit visiter à la queue leu leu, et il n'y a que peu de recul pour les photographies, d'autant qu'il n'est pas question de bloquer le passage.
J'ai fait de mon mieux mais les images ne rendent pas vraiment le charme de l'endroit.
Je sors de la maison avec un soulagement mêlé de regret, et je profite encore du jardin avant d'aller visiter le Musée des Impressionnismes, à proximité.
On sort bien sûr par la boutique qui a été aménagée dans l'atelier. Les tarifs y sont extravagants au point que je renonce même aux cartes postales.
Je me hâte, sous le crachin, pour rejoindre le Musée des Impressionnismes, à dix minutes de là, en espérant qu'il y aura peu de monde.
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