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Baronne Samedi

Broutilles paraissant le crésudi

Mefistofele - Arrigo Boito/La Fura dels Baus - Opéra de Lyon

Publié le 20 Octobre 2018 par Baronne Samedi in Art et spectacles, Opéra

Alors que l'œuvre la plus populaire basée sur le mythe de Faust écrit par Goethe était l'opéra éponyme de Charles Gounod, Arrigo Boito, à 26 ans à peine,  désirait en faire une version nouvelle, tant par le traitement que par la musique, 

Il créa, en 1868,  son drame lyrique intitulé non pas Faust mais Mefistofele, donnant au démon tentateur la première place, avec une puissante partition de basse. Son ambition était d'approfondir le sujet plus que Gounod ne l'avait fait...

Hélas, le livret trop pesant conduisit la création initiale à un échec cuisant, mais la version allégée de 1875 trouva sa place au point que Fiodor Chaliapine fit ses débuts à la Scala en 1901, dans le rôle-titre, aux côtés de Caruso, en Faust, sous la direction de Toscanini.

Faust et Mefistofele - Photo de Jean-Louis Fernandez

Faust et Mefistofele - Photo de Jean-Louis Fernandez

L'histoire est toujours le combat du bien et du mal :  le démon Mefistofele propose au vieux sage Faust d'échanger son âme contre un moment de félicité suprême.  Après l'avoir rajeuni, il lui fait rencontrer la candide Marguerite, puis le pousse dans une nuit de sabbat.

Pendant ce temps, Marguerite, abandonnée, finit en prison. Son âme est sauvée quand implorant Dieu elle renie son amour pour Faust.

Photo de Mar Flores

Photo de Mar Flores

Redevenu vieux, Faust médite amèrement sur le pacte qu'il avait accepté. Malgré d'autres tentatives de Mefistofele, il meurt réconcilié avec Dieu, tandis que le démon disparaît en reconnaissant sa défaite.

La partition est des plus hétéroclites, réussissant à fourrer dans l'ensemble des échappées de bel-canto et des passages presque wagnériens. Si les récitatifs sont austères, la mise en scène est là pour meubler, et pas qu'un peu !

La fameuse excentricité d'Alex Ollé de la compagnie catalane La Fura dels Baus a encore frappé. Pas de corne ni de pourpoint, Mefistofele travaille comme nettoyeur dans un laboratoire de dissection où Faust trime parmi d'autres employés.

 

Photo de Jean-Louis Fernandez

Photo de Jean-Louis Fernandez

La bataille du Bien et du Mal se joue dans un décor allant des locaux d'entreprise des plus banale, pour le pacte, à  la discothèque pour un sabbat échevelé. Celui-ci est une fugue frénétique, avec des participants en transe sur toute la hauteur du plateau.

La boule de verre symbolisant le monde a été transposée en une grande boule à facettes qui  se projette jusque dans la salle, avec un éclairage multicolore à en donner le tournis.

Faust et Mefistofele - Photo de Jean-Louis Fernandez

Faust et Mefistofele - Photo de Jean-Louis Fernandez

Le fond de scène en miroir démultiplie les choeurs déjà nombreux. En clin d'oeil, il permet aussi d'apercevoir Daniele Rustioni menant avec sa fougue habituelle l'excellent Orchestre de l'Opéra.

John Relyea, incarne un Mefistofele massif et musculeux mais sa basse n'atteint pas aisément les extrêmes de l'amplitude vocale que requiert le rôle ; en outre le ténor de Paul Groves manque de lyrisme et de substance, au plus fort de la musique.

Heureusement, Evgenia Muraveva est une Marguerite très présente, avec un timbre à la fois fort et doux. 

Très talentueux également, le choeur des enfants incarnant des angelots, et celui des adultes, ont la part belle dans la partition et l'assument avec vigueur.

Opéra National de Lyon, du 11 au 23 octobre 2018

 

MEFISTOFELE, opéra en un prologue, quatre actes et un épilogue -  1875

Musique et livret : Arrigo Boito – Durée 3 h, entracte inclus - En italien sur-titré.

 

Direction musicale : Daniele Rustioni

 

Faust, ténor  Paul Groves - Mefistofele, basse  John Relyea - Wagner/Nereo, ténor Peter Kirk

Margherita/Elena, soprano  Evgenia Muraveva  -  Marta/Pantalis, contralto Agata Schmidt

Orchestre, Chœurs et Maîtrise de l’Opéra de Lyon

 

Mise en scène : Alex Ollé / La Fura dels Baus

Décors Alfons Flores  Costumes  Lluc Castells  Lumières  Urs Schönebaum

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