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Baronne Samedi

Broutilles paraissant le crésudi

Divertir ou pervertir ?

Publié le 16 Février 2014 par Baronne Samedi in Humeur

Je ne m'en relève pas. Il y a vraiment une émission de télévision dédiée à une brochette de greluches en "compétition" pour déterminer laquelle est la plus apte à faire des achats en boutique. 

 

Que l'émission existe, ça signifie déjà qu'il y a un/e ahurie/e qui a défini le concept et au moins quelques milliers qui la regardent. 

 

Comment l'outil extraordinaire qu'est la télévision est-il devenu un véhicule majeur d'inepties ? Pourquoi doit-on attendre la nuit ou s'en remettre à quelques chaînes pour découvrir les avancées en neuroscience ou en sociologie ?

 

Quiconque n'a pas eu accès à une formation académique pourrait, à moindre coût, avoir accès à tout ce que sa curiosité demande, et que lui propose-t-on ?  Le degré zéro du quotidien, la mise en scène du banal, assaisonné de vulgarité consternante ou de nostalgie rétrograde.

 

Qui a décidé qu'il n'y a pas de plaisir à la découverte ? Que la culture est une plaie ?  Qu'il est ridicule de vouloir être intelligent et même, érudit si l'on n'est pas cantonné aux cénacles universitaires ? 

 

C'en est au point que les interruptions publicitaires doivent être plus intéressantes que les émissions... Tiens, tiens...

 

C'est bien ça et d'ailleurs, Patrick Le Lay, PDG de TF1 avait affirmé  : " Il y a beaucoup de façons de parler de la télévision. Mais dans une perspective ”business”, soyons réaliste : à la base, le métier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit [...] Or pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible [...] Dépêche AFP du 9 juillet 04, reprise par Libération (10-11/07/04) : " Patrick Le Lay, décerveleur ”.

 

 

Divertir ou pervertir ?

Il est préférable de se dégourdir les méninges, pour faire face à ce qu'Aldous Huxley avait déjà très bien dénoncé dans "Le meilleur des mondes" au début du 20e siècle :  

 

"|...] Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée limité et plus sa pensée est bornée à des préoccupations médiocres, moins il peut se révolter. Il faut faire en sorte que l’accès au savoir devienne de plus en plus difficile et élitiste, que le fossé se creuse entre le peuple et la science, que l’information destinée au grand public soit anesthésiée de tout contenu à caractère subversif.

 

Surtout pas de philosophie.

 

Là encore, il faut user de persuasion et non de violence directe : on diffusera massivement, par la télévision, des divertissements flattant toujours l’émotionnel ou l’instinctif. On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon, dans un bavardage et une musique incessante, d’empêcher l’esprit de penser.

 

On mettra la sexualité au premier rang des intérêts humains. Comme tranquillisant social, il n’y a rien de mieux. En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d’entretenir une constante apologie de la légèreté ; de sorte que l’euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté.

 

Le conditionnement produira ainsi de lui-même une telle intégration, que la seule peur – qu’il faudra entretenir – sera celle d’être exclus du système et donc de ne plus pouvoir accéder aux conditions nécessaires au bonheur. L’homme de masse, ainsi produit, doit être traité comme ce qu’il est : un veau, et il doit être surveillé comme doit l’être un troupeau. Tout ce qui permet d’endormir sa lucidité est bon socialement, ce qui menacerait de l’éveiller doit être ridiculisé, étouffé, combattu. [...]

 

Il pourrait aujourd'hui englober les téléphones complexes qui deviendront bientôt plus intelligents que leurs utilisateurs.

 

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Tlina 15/02/2014 21:41

C'est à mon avis toute la force et la valeur d'Internet. Il est ouvert et ouvre à tout, et qui y cherche des informations sur les neurosciences en trouve, et même dans des formes pédagogiques. A condition d'avoir envie de chercher...