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Baronne Samedi

Broutilles paraissant le crésudi

Piégée !

Publié le 11 Mars 2011 par Baronne Samedi in Humeur

D'abord, une antichambre. On me fait asseoir et attendre. Longtemps.

 

On me fait passer dans une autre pièce. Pas de fenêtre, une table, deux chaises, un ordinateur.

 

Elle est arrivée, s'est assise sans même me jeter un regard et a ouvert le dossier.

 

- Qu'est-ce qui s'est passé avec **** en 1987, pourquoi êtes-vous partie ?

- Je...

- Brièvement.

- D'accord. Les termes de l'accord étaient....

- Passons. Et là, en 90 ?

 

Mon coeur s'accélère. Je rassemble des mots, des faits. Elle me dévisage, lèvres serrées, regard froid.


Les questions s'enchaînent, je ne sais plus depuis combien de temps je suis là, à justifier vingt-cinq ans d'existence.


La pièce m'étouffe et un néon clignote. J'essaie d'empêcher mes mains de se tordre. Je n'ose pas demander où sont les toilettes.


Elle se lève et désigne l'ordinateur :

- Vous avez 30 minutes.


Elle sort. J'essaie de me concentrer.

Peut-être que si je fais vite, on me laissera partir.

 

La machine plante. Trou noir. Panique. Il faut vraiment que j'aille pisser.


J'ouvre la porte mais il n'y a qu'un long couloir où s'alignent des portes anonymes.


Je retourne à la machine et j'essaie des combinaisons. L'écran se rallume mais réclame un mot de passe. Le temps file et je veux me sortir de là. 


Réfléchir, vite... La touche Entrée en espérant que ça suffise pour contourner.

 

Oui ! Je rattrape frénétiquement le retard.

 

Je ne l'ai pas entendu rentrer. 

 

- Ces sept dernières années, vous n'avez exécuté que de petits contrats. Que s'est-il passé ?

 

Elle recommence à me fixer et mes épaules se crispent.

 

Et ça recommence, question après question.

 

Après un temps infini, elle dit "Bon." et elle sort en laissant la porte ouverte. J'hésite quelques minutes puis je m'aventure dans le couloir. Personne.

 

Je me traverse l'antichambre, personne ne m'arrête, je trouve la porte et je me rue dehors.

 

De l'air, enfin ! Je respire à longs traits, la sueur me glace le dos. J'ai besoin d'un café.

 

 

Ils appellent ça un entretien de recrutement.

 



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blablette 13/03/2011 10:26


Mais arrêtes, rien qu'à lire ton texte, je me rappelle de tous les entretiens dignes de la CIA que j'ai subis, j'en ai des sueurs froides...


Baronne Samedi 13/03/2011 10:33



Oui, on a oublié ce qu'était un échange digne, qui permet à une personne et une entreprise d'évaluer si elles auront un bénéfice mutuel.



l'agnès masquée 12/03/2011 23:18


oui mais tu as relevé le défi haut la main...


Baronne Samedi 13/03/2011 00:10



Ce n'est pas personnel : c'est malheureusement très répandu.