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Baronne Samedi

Broutilles paraissant le crésudi

J'ai une amie

Publié le 15 Janvier 2013 par Baronne Samedi in Humeur

J’ai une amie, une vraie. Du genre qui a survécu à tous les changements.

 

Elle est grande. Mais alors.... vraiment grande ! Quand je vais chez elle, je n’atteins ni les étagères ni le miroir de la salle de bains. Et moi, je suis toute petite, au point qu’un jour, pour traverser la rue, elle m’a prise par la main...

 

La première fois que je l’ai vue, c’était à la friperie où nous autres punk-z-et-branchés avions nos quartiers.

 

C’était comme voir une girafe entrer dans un café.

 

Elle était graaaaaande ! Et blooooonde ! Et maaaaaaigre ! Et elle portait un manteau marron en peluche, qu’on aurait dit Nounours. Et en plus, elle avait un cabas ! Et du cabas, il sortait un poireau. Un poireau ! Non-mais-t’y-crois ?

 

Dans les années 80, personne ne mangeait. On dansait, on brillait, on ironisait, on buvait, on fumait.... mais manger ? Trop naaaaaaze.

 

Mais elle, elle ne buvait pas, elle ne fumait pas et même si elle était maigre comme son poireau, elle mangeait bien. Elle était comme elle était, et n'avait rien à justifier.

 

Je ne sais même plus comment nous sommes devenues copines.

 

Elle habitait au-dessus d’une pâtisserie et, le samedi, nous choisissions chacune un gâteau  pour le déguster autour d’une tasse,  chez l’une ou l’autre.


giraffe-tea-party.jpg

 

Nous campions sur des positions qui n’ont pas changé depuis : elle voulait toujours couper en deux les gâteaux sous prétexte que chacune goûte les deux. Offusquée, je refusais avec vigueur ce procédé barbare. C'est vrai, quoi ! Un gâteau est une entité qui se savoure dans son entier.

 

Elle n’a jamais compris mon point de vue ni moi le sien, mais nous en rions encore.


Elle avait quitté la ville et détestait écrire mais nous n’avons jamais perdu le contact.

 

Elle avait un homme, j’en avais trop, mais nous avons gardé le contact.


Elle aimait le calme et j’aimais le chaos, mais nous avons gardé le contact.

 

Elle a fait des bébés, je n’en ai pas voulu, mais nous avons gardé le contact.

 

Elle habite toujours trop loin et sa vie diffère de la mienne, mais nous gardons le contact.

 

C’est bien plus que ça : malgré tous les tourments de la vie,  quoi qu'il puisse arriver, je ne me sens jamais esseulée parce qu’elle est dans mon coeur et ne m’a jamais abandonnée.

 

 

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l'agnès masquée 15/01/2013 18:55

une amitié précieuse en somme, prends en soin, c'est si rare

blablette 15/01/2013 17:24

Oui, ça c'est une vraie amie!
Quand les différences sont enrichissement au lieu d'éloignement.