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Baronne Samedi

Broutilles paraissant le crésudi

Une Nuit à Venise - Johann Strauss/Opéra de Lyon

Publié le 18 Décembre 2016 par Baronne Samedi in Art et spectacles, Opéra

(c) Stofleth

(c) Stofleth

Bien que la valse viennoise en imprègne la musique, c'est dans la frivole Venise que Strauss a placé ses trois actes.

Daniele Rustioni, futur chef permanent de l’Opéra de Lyon, dirige l'orchestre avec entrain, et  la mise en scène revient à un Peter Langdal inspiré,  qui avait déjà monté avec succès une autre oeuvre de Strauss en 2008 à l’Opéra de Lyon : la délicieuse "Chauve-souris".

Dans un décor géométrique en couleurs franches évoquant le costume d'Arlequin, les personnages parlent, chantent et virevoltent dans une ambiance néanmoins plus proche du théâtre de boulevard que de la commedia dell'arte, d'autant que les costumes élégants rappellent le début des années 60.

Ainsi, à la faveur d'une nuit de carnaval, les quiproquos s'enchaînent tandis que les passions se déchaînent.

Le duc d'Urbino, coureur de jupon invétéré, arrive à Venise pour s'encanailler.  Avec son catogan de cheveux blancs, ses mitaines noires et la surcharge de bijoux, Lothar Odinius en sosie de Karl Lagerfeld, fait une entrée remarquée, puis déploie avec superbe un cabotinage comique qui n'enlève rien à son talent vocal.

(c) Stofleth

(c) Stofleth

Le duc convoite Barbara, épouse du sénateur Delacqua. Dans un premier temps, celui-ci engage un gondolier pour éloigner sa femme du duc mais elle en profite pour retrouver Enrico, son amant. 

Quand le barbier Caramello, à la solde du duc, prend la place du gondolier pour livrer Barbara à d'Urbino, il ignore que sa propre amoureuse Annina a pris la place Barbara dans la gondole...

Piotr Micinski est un Delacqua inénarrable : le politicien arriviste se pavane, minaude et se ridiculise en cocu qui s'ignore. Il ose sans sourciller se vanter d'être un radical, un extrême, en fait un... radical d'extrême-centre, prétexte à la compromission puisque finalement, comme les autres sénateurs, il décide d'envoyer sa femme séduire le duc pour obtenir une charge prestigieuse. 

Piquante dans le rôle d'Annina, Evelin Novak chante un soprano chaleureux, rond et tonique qui doit pouvoir sans peine aborder des partitions bien plus complexes.
 

(c) Stofleth

(c) Stofleth

Valses, barcarolles et joyeuses polkas sont particulièrement réjouissantes.

On rit beaucoup à cette comédie dont le rythme est remarquablement réglé, avec plein de trouvailles scénographique qui font la part belle aux accessoires et apparaître des personnages dans les endroits les plus surprenants.

Opéra comique en trois actes, 1883 - Livret de Friedrich Zell et Richard Genée
Version de Erich Wolfgang Korngold et Ernst Marischka (1923)
Mise en scène et réécriture des dialogues : Peter Langdal
Traduction en allemand : Peter Urban-Halle
Décors : Ashley Martin-Davis -  Costumes : Karin Betz - Lumières : Jesper Kongshaug

Orchestre et Choeurs de l’Opéra de Lyon
Direction musicale : Daniele Rustioni - Chef des choeurs : Philip White

Distribution :
Le Duc (ténor) Lothar Odinius - Delacqua (basse)  Piotr Micinski - Barbara (soprano)  Caroline MacPhie  Annina (soprano) Evelin Novak - Caramello (ténor)  Matthias Klink - Pappacoda (ténor) Jeffrey Treganza -  Ciboletta (soprano)  Jasmina Sakr - Enrico (ténor)  Bonko Karadjov

Nouvelle production, en coproduction avec l’Opéra de Graz et en partenariat avec le Royal Opera House de Muscat - En allemand sur-titré en français - Durée : 2h20 environ

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