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Baronne Samedi

Broutilles paraissant le crésudi

Un mort-vivant m'écrit...

Publié le 29 Mai 2016 par Baronne Samedi in Lecture, Humeur

Aujourd'hui, j'ai trouvé dans ma boîte une lettre d'amour. En tout cas, c'est ce qu'annonçait l'enveloppe.

Un mort-vivant m'écrit...

Un amoureux ? Timide de surcroît, puisqu'il me vouvoie ? Et plutot ringard, à voir le rond en guise de point sur le "i"...

J'avais de sérieux doutes que je ne pouvais lever qu'en parcourant la lettre jusqu'à la signature.

D'emblée, j'ai pu constater que le texte était imprimé, ce qui n'est pas compatible avec une lettre d'amour.

Puis la signature a fini de mettre les choses au point :

Un mort-vivant m'écrit...

Maintenant, il me tutoie. Voyons de quoi il retourne : :

"Je t’écris ces quelques mots pour t’annoncer une très bonne nouvelle !

C'est déjà ça.

Ton Père céleste t’a tellement aimé qu’il m’a envoyé, moi son Fils pour venir te sauver de ce monde déchu.

Donc, je me retrouve avec un frère. Et son père qui se veut le mien mais ne m'aime déjà plus l'envoie me sortir d'un monde pourri. Il aurait peut-être pu commencer par en faire un meilleur, non ? Et puis soigne ton participe passé, mon gars, parce que je suis une femme.

J’ai donné ma vie sur une croix et je suis revenu du royaume des morts pour toi !

Eh ho ! D'abord, je n'avais pas de frère et maintenant, j'en ai un ZOMBIE ? (c'est vrai que quand on s'appelle Baronne Samedi...)

Tu sais mon enfant, ton corps est périssable, mais ton âme est éternelle.

Non mais tu planes, le frangin ! D'où, je suis ton enfant ?!  Et  bien sûr que mon corps est périssable ;  je ne vais tout de même pas me faire embaumer de mon vivant !

Apporte moi ta repentance, et d’un geste d’amour je te pardonnerai tes péchés passés, et ceux à venir !

Si tu m'aimais vraiment, tu ne m'accuserais pas sans preuve de méfaits supposés. Et surtout, tu ne décréterais pas de quoi mon futur sera fait.  Au passage, révise l'usage du trait d'union et de la ponctuation.

Ne permets pas à ton âme de souffrir à l’infini dans les profondeurs du mal.

Ah ça non. Je ne sais pas ce que tu entends par "âme" mais je ne suis pas du genre à traîner dans ces coins-là. 

Si tu acceptes ma main tendue, je promets de me tenir à tes côtés et de t’accueillir dans mon royaume pour toujours !

Alors comme ça, frangin, t'es un roi. Eh ben, tu sais quoi ? Je vais rester en république.

Je suis le chemin, la vérité et la vie.

Euh... le chemin vers le royaume des morts, tu parles d'une vie ! Quant à la vérité, j'en doute, vu que mon père habite dans la Drôme et que tu me prends pour une crapule.

Aucun être vivant dans l’univers ne t’aime et ne t’aimera autant que moi !!

Donc, je suis victime de la passion amoureuse d'un mort incestueux sans espoir de trouver mieux ?

Jésus Christ

Et me casse les oreilles. Retourne chez ton père. 

 

Finalement, le plus épatant, ce sont les gentils illuminés qui se tapent le travail d'écriture des enveloppes.

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