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Baronne Samedi

Broutilles paraissant le crésudi

Giselle - Yacobson Ballet

Publié le 31 Janvier 2016 par Baronne Samedi in Art et spectacles, Danse

Giselle - Yacobson Ballet

Fondé en 1969, le Yacobson Ballet fut la première compagnie en Russie à n’être pas rattachée à un opéra. Leonid Yacobson tenait à faire évoluer la danse dans son pays, en collaborant avec les plus grands danseurs, comme Maya Plisetskaya et Mikhail Baryshnikov. Depuis 2011, le Yacobson Ballet est dirigé par Andrian Fadeev, ancien danseur principal du Mariinsky Ballet, ambitionnant une reconnaissance internationale pour sa compagnie de 75 danseurs à la technique éblouissante.

Grâce à la Maison de la Danse de Lyon, nous avons pu les voir dans un grand classique.

Pastorale réaliste, au premier acte, se terminant en tragédie, puis transfiguration fantastique dans le second, c'est dans un tourbillon de sentiments que Giselle, créé en 1841, s'est imposé comme un monument de romantisme, séduisant même la Pavlova et  Nijinsky.

On y trouve tous les thèmes qui caractérisent ce style : passion, folie, vengeance et amour au-delà de la mort.

Giselle - Yacobson Ballet

Le ballet suit une jolie partition d'Adam,  très mélodieuse, avec des effets d'orchestres soulignant l'action. 

Au premier acte, dans un superbe décor en diorama, les paysans et la Cour vêtus de costumes splendides, semblent tout droit sortis d'un conte de fée dans lequel Alla Bocharova interprète une Giselle délicate, servie en cela par une maigreur presque dérangeante. 

Au cours de la fête des moissons, Albrecht se prétend  paysan pour séduire la jeune paysanne à la santé fragile. Alors qu'elle tombe amoureuse, le rival Hanz, à qui Andrei Gudyma donne beaucoup de caractère, lui révèle que le jeune homme est en réalité un duc déjà fiancé à une princesse. Sous le choc de la révélation, la pauvre Giselle  sombre dans la folie et meurt de chagrin.

Le récit est un suite de vignettes qui ne sont pas riches en prouesses artistiques. C'est la deuxième partie qui, finalement, est la plus fascinante. 

Le rideau s'ouvre sur un impressionnant paysage nocturne, enveloppé de brume, où la pleine lune éclaire la tombe de Giselle. C'est le domaine des Wilis, esprits vengeurs de jeunes filles trahies qui obligent les hommes à danser jusqu'à la mort.

L'effet des vingt danseuses déployant leurs longs tutus est fascinant, tout comme le solo de leur reine, Myrtha,  interprété avec une grâce altière par Svetlana Smirnova.

Giselle - Yacobson Ballet

Quand Albrecht vient fleurir sa tombe, ployant sous les remords, Giselle est attendrie mais Myrtha, après avoir mené Hans à la mort, condamne aussi Albrecht à la danse fatale.

Giselle, pleine de compassion, le sauve en dansant avec lui, puis après de tendres adieux, le quitte pour reposer en paix.

C'est dans cette acte que la danse est la plus belle avec  Alla Bocharova exécutant une suite époustouflante d'entrechats et Alexander Abaturov brillant dans des sauts magnifiques.

On regrettera seulement que la musique ait été un enregistrement car le ballet mérite un véritable orchestre pour palpiter pleinement, mais cela aurait nécessité l'infrastructure de l'opéra de Lyon, tout comme pour offrir une scène plus grande à un corps de ballet nombreux.

Ballet fantastique en 2 actes créé en 1841

Livret Jules Henri Vernoy de Saint-Georges et Théophile Gautier - Musique Adolphe Adam

Chorégraphie Jean Coralli, Jules Perrot et Marius Petipa - 

Direction artistique Andrian Fadeev  - Costumes et décors Viacheslav Okunev  -

Pour la représentation du 31 janvier 2016 ;

Giselle, une paysanne : Alla Bacharova 

Albrecht, Duc de Silésie et paysan du nom de Loys

Hans, le garde-chasse épris de Giselle : Andréi Gudyma

Myrtha, reine des Wilis : Svetlana Smirnova

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