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Baronne Samedi

Broutilles paraissant le crésudi

Ballet Casse-Noisette - Tchaïkovski/Verbruggen

Publié le 13 Décembre 2015 par Baronne Samedi in Art et spectacles, Danse

Jusqu'au 18 décembre, la Maison de la Danse de Lyon nous permet de découvrir un superbe Casse-Noisette recréé. 

A l’origine du ballet, il y a la mise en abyme du conte de Hoffmann : le parrain Drosselmeier offre à la petite Marie un bonhomme casse-noisette et lui raconte l’histoire de la princesse Pirlipat rendue monstrueuse par le maléfice d'une souris.

Pour retrouver sa beauté, la princesse devra manger la noix krakatuk, si dure qu'un boulet de canon ne pourrait la briser. Pourtant, c'est un jeune homme très spécial qui le fera, avec ses dents... L’histoire, infusée dans un rêve de Marie, l’emmène dans un pays de friandises où elle vit ses premiers émois amoureux, puis découvre à son réveil que le bonhomme casse-noisette ressemble beaucoup au joli neveu de Drosselmeier.

Si le ballet classique met l’accent sur l'enfance, avec son cortège de jouets et de couleurs ravissantes,  Jeroen Verbruggen a voulu revenir au conte en montrant la quête d’identité de la jeune Marie.

Il a pour ça brisé tous les codes habituels : musical, visuel et  chorégraphique.

Visuellement, l'ambiance baroque est d'abord sombre mais la faste est bien là,  grâce  à la maison  de haute couture On aura tout vu, dont les créateurs russes ont déjà accompagné  des artistes de scène de renom. 

Autour des costumes étonnants, comme ce prince écorché, plus nu que nu, ils font surgir un lustre de cristal immense, une armoire à secrets pour amorcer la quête et des cadres roulants dont les jeux de scène font de grands miroirs.

En ajoutant, une fenêtre illuminée, une échelle fleurie, des volutes de fumée et une averse de flocons argentés, ils nous plongent dans une féerie qui compense le sentiment d'être égaré dans l'oeuvre car les morceaux ne sont plus dans l'ordre de la partition et d'un tableau à l'autre, tout est réinventé. 

Heureusement, on gagne en fascination ce que l'on perd en compréhension....

Crédit photo : Grand Théâtre de Genève/Grégory Batardon

Crédit photo : Grand Théâtre de Genève/Grégory Batardon

Dans sa chorégraphie, Verbruggen a imposé un rythme étourdissant au vingt-deux  danseurs, alternant les mouvements d'ensemble, les solos et les pas de deux dans un style éblouissant.

La grâce est celle du classique, avec des glissés, des dégagés et des ports de bras très soignés, mais elle s'inscrit dans un mouvement particulièrement tonique.

On voit, l'espace d'un éclair, un balayage de capoeiriste, un déhanchement de music-hall ou un spin de break-dance.

Crédit photo : Grand Théâtre de Genève/Grégory Batardon

Crédit photo : Grand Théâtre de Genève/Grégory Batardon

Les mouvements de tête et les moulinets de bras, lorsque tout le corps de ballet danse,  sont fascinants, en particulier dans la Valse des fleurs, pour lequel tous sont en queue de pie noire avec le poignet rehaussé d'un oeillet.

A mesure qu'avance le récit, on est happé par un univers d'émotions dont le pas de deux final est bouleversant.  Marie et le prince sont à l'unisson, enlacés, embra(s)sés et la hauteur de leurs sentiments se traduit par des portés et des levées de patineurs artistiques.

L'audace de ce Casse-Noisette démontre que  Verbruggen peut légitimement passer du rôle de danseur à celui de chorégraphe et l'avenir s'annonce prometteur pour ses prochaines créations.

Un extrait du ballet est visible sur le site de la Maison de la Danse.

Crédit photo : Grand Théâtre de Genève/Grégory Batardon

Crédit photo : Grand Théâtre de Genève/Grégory Batardon

Ballet-féerie en 2 actes, 3 tableaux et 15 scènes de Piotr Ilitch Tchaïkovski
Livret d'Ivan Vsevolojski et Marius Petipa, d’après Histoire d'un casse-noisette d'Alexandre Dumas, lui-même inspiré du conte d'E.T.A. Hoffmann,
Nußknacker und Mäusekönig.

Ballet du Grand Théâtre de Genève sous la direction de Philippe Cohen

Chorégraphie : Jeroen Verbruggen

Scénographie et costumes : On aura tout vu -  Livia Stoianova & Yassen Samouilov

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