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Baronne Samedi

Broutilles paraissant le crésudi

Les taqâsim d'Omar Bashir

Publié le 30 Mai 2015 par Baronne Samedi in Art et spectacles

Depuis le XVIIe siècle, les taqâsim sont les longues introductions jouées en solo lors du développement d'un maqâm.  Elle sont devenues  un genre à part entière sous l'impulsion du musicien irakien Munir Bachir, considéré comme l'un des plus grands joueurs de oud tous les temps.

Il n’a eu qu’un seul véritable disciple, son fils, né d’une mère hongroise. Dès l’âge de cinq ans,  Omar entame avec son père un apprentissage  exigeant, à la manière traditionnelle puis continue au conservatoire de Bagdad où il devient professeur et fonde un orchestre de musique classique iraquienne.

Dans les années 90, de retour en Hongrie avec sa famille, Omar Bashir entre à l’université de musique Franz-Liszt de Budapest pour suivre des cours de piano, de chant et de direction de chœur, tout en jouant du oud avec son père. Munir Bachir a disparu en 1997 mais son fils s’est fait un prénom. Il jouit lui aussi d’une grande réputation, combinant le savoir classique avec les apports glanés au cours de ses voyages.

Nous en avons eu la brillante démonstration lors de la représentation du 29 mai à l’Amphi de l’Opéra de Lyon. Les improvisations, sur une base classique et pratiquement sans quarts de ton, étaient envoûtantes.

Les taqâsim d'Omar Bashir

Dans les premiers taqâsim s’infiltraient parfois des sonorités indiennes et plus surprenant, planait sur l’un d’eux l’esprit manouche. Un taqâsim de maqâm kurde recelait le motif du « Dele Yaman », cher aux Arméniens qui le jouent au duduk. L’utilisation maîtrisée du plectre lui donnait toutefois une vigueur autre.

Le suivant était comme une fugue, avec une main gauche virtuose et des ponctuations de  corde basse donnant une belle rondeur à l’ensemble. La découverte suivante, annoncée comme  la racine même du flamenco, était une très belle évocation du pouvoir de transmission de la musique.

Le taqâsim présenté comme purement iraquien fut sans doute le moment le  plus émouvant, donnant le sentiment de voyager  à Babylone, plus de 3000  ans en arrière, aux origines mêmes du oud...

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