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Baronne Samedi

Broutilles paraissant le crésudi

Discours à la nation - Celestini/Murgia

Publié le 14 Décembre 2015 par Baronne Samedi in Art et spectacles, Théâtre

Des cageots, une mappemonde, une bande-son et quelques mesures de guitare, voilà le simple décor dans lequel David Murgia balance le cynique «Discours à la nation» écrit et mis en scène par l’auteur italien Ascanio Celestini.

Le charme indéniable du comédien, et son sourire désarmant, servent admirablement le propos.

Discours à la nation - Celestini/Murgia

Entre harangue et conférence, le Discours est en fait, une leçon de d’économie et de politique, donnée du point de vue des puissants, ces politiciens et grands patrons qui, sans leur masque de respectabilité, se révèlent dans toute leur ignominie. On pense aux Yes Men...

Le texte est efficace dans son redoutable cynisme. Tout y passe : la manipulation des masses, le marché mondialisé, l'abandon de la lutte des classes, l'ambiguité des syndicats ...

Pris dans un flot de théories économiques et géo-politiques ponctué de cruelles paraboles, on voit se dessiner le portrait d’un ultra-libéralisme sans remords.  

David Murgia est co-fondateur du Raoul Collectif qui nous avait donné, déjà au Théâtre de la Croix-Rousse, Le signal du promeneur. Il sert le texte avec une précision et un allant jubilatoires, même quand Celestini lui fait exposer, dans la veine de Swift, les nombreuses recettes exotiques qui feraient du cannibalisme une solution rentable aux problèmes de main d'oeuvre et d'immigration. 

L'absurdité du cycle d'asservissement par la surconsommation est exposé avec humour, mais si l'on rit beaucoup, c'est avec malgré tout  la conscience douloureuse que nous vivons justement dans ce monde effroyable.

Vu au Théâtre de la Croix-Rousse en avril 2015

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Agnès 10/04/2015 21:03

C'est donc une pièce contemporaine ?
ou une plus ancienne mais cruellement en phase avec notre époque ?

Baronne Samedi 11/04/2015 17:06

C'est récent, le texte est de mars 2014. Mais les références historiques lui donnent encore plus de profondeur, aux racines du mal.