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Baronne Samedi

Broutilles paraissant le crésudi

Yerevan - Au ballet avec "Gayané"

Publié le 19 Avril 2014 par Baronne Samedi in Arménie 2014, Art et spectacles, Danse

A 18 h 40, je suis arrivée ventre à terre à la billetterie extérieure pour prendre un billet de parterre puis me suis ruée dans l'opéra, maudissant l'absence d'ouvreuse en cherchant ma place dans une salle que j'ai trouvée vide.

Le rideau était levé sur un décor, mais... personne ! Alors même que je m'en étonnais, une ouvreuse s'est matérialisée, me demandant gentiment de sortir. Apparemment, j'avais un peu trop anticipé et le public s'installe plutôt à partir de 18 h 55 pour un lever de rideau à 19 h 15.

Juste avant que l'ouvreuse ne me fasse sortir, j'ai pu photographier le premier décor.

Juste avant que l'ouvreuse ne me fasse sortir, j'ai pu photographier le premier décor.

Pour patienter, j'ai pris des vues des coursives, puis dans la salle en attendant le début du spectacle.

Yerevan - Au ballet avec "Gayané"
Yerevan - Au ballet avec "Gayané"
Yerevan - Au ballet avec "Gayané"
Yerevan - Au ballet avec "Gayané"
Yerevan - Au ballet avec "Gayané"
Yerevan - Au ballet avec "Gayané"
Yerevan - Au ballet avec "Gayané"
Yerevan - Au ballet avec "Gayané"
Yerevan - Au ballet avec "Gayané"
Yerevan - Au ballet avec "Gayané"
Yerevan - Au ballet avec "Gayané"
La scène principale est encadrée de deux petites scènes qui permettent d'ajouter des figurants, des musiciens ou toute action simultanée à l'action principale. L'effet panoramique est impressionnant.

La scène principale est encadrée de deux petites scènes qui permettent d'ajouter des figurants, des musiciens ou toute action simultanée à l'action principale. L'effet panoramique est impressionnant.

Quand le public est arrivé, la salle est devenue une tour de Babel : entre les natifs, les touristes étrangers et les touristes étrangers d'origine arménienne, on entendait de l'arménien avec toutes sortes d'accent, du français, de l'allemand, du russe, de l'italien, de l'espagnol et un groupe d'Arméniens d'Argentine faisaient à eux seuls un barouf qui donnait à craindre pour la suite.

En réalité, ils se sont tu  dès le début du spectacle mais la nuisance a été autre : des jeunes qui ne pouvaient s'empêcher de "chuchoter", des gamins à qui leurs parents avaient donné leur téléphone pour qu'ils jouent (!),  des ploucs qui prenaient des photos au flash, d'autres qui brandissaient des  tablettes jusqu'à occulter la scène... bref, au premier entracte, je suis allée dire gentiment mais TRES fermement à ceux dans mon champ de vision qu'il fallait arrêter ça.

J'avais l'impression d'assister à une Danse des Ecrans chez les barbares !

Yerevan - Au ballet avec "Gayané"

Gayane est un ballet  sur une musique d'Aram Khatchatourian composée en 1942, un livret de Konstantin Derjavine et une chorégraphie de Nina Anissimova.

La célèbre "Danse du sabre" a beaucoup fait pour sa notoriété mais tous les airs sont intéressants, du fait du mélange de style aux accents de Bernstein ou Ravel (disons-le tout net, le dernier mouvement est littéralement copié sur le "Boléro") et de très belles mélodies arméniennes.

L'histoire est simplissime : Gayané, fille du responsable d'une ferme collective,  participe à la capture d'un étranger qui a pénétré clandestinement en Union soviétique pour y découvrir des secrets géologiques. Tout se termine bien et le final du ballet est une célébration de l'amitié entre les peuples.

D'un point de vue chorégraphique, l'histoire n'a finalement pas grand intérêt : ça bouge beaucoup, les filles minaudent, les messieurs s'affrontent et ça suffit pour de jolis moments de danse.

L'orchestre était excellent,et tout particulièrement le joueur de "davoul", ce tambour traditionnel qu'on frappe des doigts ou des mains, selon les nuances voulues.

En revanche, j'ai été sidérée par le manque de brio des danseurs. Le ballet est un mélange de danses traditionnelles avec l'ajout de figures de danse classique : pointes, pirouettes, portés, jetés.

Or, outre que le corps de ballet était très inégal, les danseurs principaux étaient pour le moins décevants.

La danseuse du rôle titre n'avait aucune fluidité dans les bras, ce qui est pourtant une caractéristique majeure de la danse de femme arménienne, et une raideur dans les genoux qui, dans les pliés, la rapprochait plus de la gymnaste ou de la grenouille que de la ballerine.

Le danseur-étoile avait le souffle court. Le second semblait compter les pas avant les portés et guettait l'approche de la ballerine avant de l'empoigner comme s'il attrapait une truite.

Le pire était encore le public : à chaque entrée et entre les scènes, applaudissements ! 

Une pirouette, un jeté ?  Applaudissements !

Mais bon sang, les mecs, c'est tout de même leur [censuré] de BOULOT, aux danseurs !

J'ai vu des danseurs de ballet traditionnel sauter bien plus haut que ça et des femmes dont les bras semblaient onduler comme de la mousseline dans la brise.

Bref, on se serait cru au cirque, à encourager une troupe de chiens savants. J'en suis arrivée à me demander, vu le point auquel les danseurs cabotinaient, s'il n'y avait pas là tout simplement une claque grassement payée.

Je n'ai applaudi à la fin que pour l'orchestre et les magnifiques décors à la Sarian, dont les couleurs étaient bien plus belles que celles bizarrement géométriques des costumes. 

Après quelques photos à l'arraché pendant le dernier salut, je suis partie en courant, de crainte qu'il y ait un rappel.

Yerevan - Au ballet avec "Gayané"Yerevan - Au ballet avec "Gayané"
Yerevan - Au ballet avec "Gayané"
Yerevan - Au ballet avec "Gayané"
Yerevan - Au ballet avec "Gayané"Yerevan - Au ballet avec "Gayané"
Yerevan - Au ballet avec "Gayané"

L'épreuve n'était pas terminée... En rentrant à l'auberge, je suis passée devant un chantier barricadé. Là, il y avait encore, deux ans auparavant, une boulangerie dotée d'un four à pain traditionnel, le "tonir", cylindre creusé dans le sol et tapissé de pierre réfractaire, au fond duquel brûle un feu de bois.

Sur les parois, on plaque la pâte fraîche ouverte finement, et lorsqu'elle est cuite, elle se décolle comme une crêpe. La saveur au feu de bois est à se damner.

Bref, il y avait ça :

Et bientôt, il y aura ça :

Et bientôt, il y aura ça :

Yerevan - Au ballet avec "Gayané"
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