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Baronne Samedi

Broutilles paraissant le crésudi

Shampoo - Hal Ashby

Publié le 20 Octobre 2013 par Baronne Samedi in Art et spectacles

Le Festival Lumière a projeté Shampoo cette semaine. Si d’aucuns y voient  une satire sociale parce qu’en toile de fond se déroulent les élections présidentielles américaines de 1968, d’autre y verront surtout un joyeux vaudeville.

Le comédie tourne autour d’un quintette. D’abord, George (Warren Beatty), garçon coiffeur à la beauté ravageuse, qui a fait l’école d’esthétique pour accéder à un nombre inépuisable de conquêtes féminines. Il veut son propre salon dont la clientèle serait assurée puisqu’il est la coqueluche des dames de Beverley Hills.

Viennent ensuite Jill (Goldie Hawn), sa petite amie mannequin, tout fraîche, qui vit dans l’illusion d’être l’unique ; Felicia (Lee Grant), cliente et maîtresse, mariée à Lester (Jack Warden), un homme d’affaires aux relations troubles et amant de Jackie (Julie Christie) qui garde de l’affection pour George après qu’ils ont eu une liaison.  

On rit beaucoup avec les quiproquos sur la coiffure comme métaphore du sexe et sur l’homosexualité supposée de George qui se garde bien de détromper Lester.

Shampoo - Hal Ashby

Pourtant, malgré son caractère comique, Shampoo est imprégné d’une sensualité qui rend les personnages d’autant plus attachants. Il ne faut pas manquer ce morceau de gloire qu’est la façon pour le moins intime dont George joue du sèche-cheveux sur la longue chevelure d’une cliente.

En deux jours divisés par un dîner électoral et une soirée psychédélique, se joue un ballet de faux-semblants dans lequel chacun tente d’obtenir ce qu’il convoite, tout en essayant de faire bonne figure.

George est un chic type guidé par ses instincts, incapable de mentir : il en résulte des dialogues cocasses, aussi inaboutis que les rêves qu’il forme.

Quand, du dîner électoral, Lester se retrouve propulsé dans une soirée psychédélique, on s’attend à la confrontation de l’establishment avec la contestation mais on se retrouve chez des hippies de luxe, avec valets chargés de garer les voitures. Ainsi,  la mutation n’est pas une révolution et, la fin du film le confirme, la candeur ne fait pas le bonheur.

Pour l’anecdote, Carrie Fisher fit ses débuts dans ce film avant de devenir plus tard la célèbre Princesse Leia de Star Wars.

 

Shampoo, USA, 1975, couleurs, 109 mn

Réalisation : Hal Ashby

Scénario : Robert Towne, Warren Beatty

 

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